« Ni-Ni » : Braun-Pivet acte la rupture définitive avec La France Insoumise

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 17/02/2026
Yael Braun-Pivet
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Ce mardi, Yaël Braun-Pivet a clarifié la position de la majorité en renvoyant dos à dos le Rassemblement National et La France Insoumise, qualifiant désormais officiellement cette dernière d'extrême gauche.

La présidente de l'Assemblée nationale brise un tabou sémantique. Dans un entretien accordé à la presse, elle redéfinit les frontières du front républicain pour les prochaines échéances électorales. Cette prise de position intervient dans un climat politique tendu, marqué par des violences récentes qui cristallisent les tensions entre les blocs et obligent l'exécutif à clarifier sa doctrine face aux oppositions.

La déclaration de Yaël Braun-Pivet qui fait date

La présidente de l'Assemblée nationale a formalisé la stratégie politique de la majorité pour les municipales de 2026 et la présidentielle de 2027. C'est une clarification nette qui enterre les anciennes consignes de vote à géométrie variable. Dans les colonnes du Figaro, ce 17 février 2026, Yaël Braun-Pivet a tranché le débat qui agitait le camp présidentiel.

Sa citation est sans équivoque : « Aujourd'hui, je dirais qu'il faut un ni-ni. Ni extrême gauche, car oui, bien sûr, la France insoumise est d'extrême gauche, ni extrême droite. » Cette sortie marque l'extension officielle et assumée du cordon sanitaire. Jusqu'ici réservé au Rassemblement National, ce rejet institutionnel s'applique désormais pleinement aux Insoumis, placés sur le même plan moral et politique que le parti de Marine Le Pen.

Pourquoi LFI est désormais classée à l'extrême gauche par la majorité

Ce glissement sémantique vise un but précis : isoler politiquement le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. En classant LFI à l'extrême gauche, la majorité justifie par avance l'absence de toute alliance ou de désistement en leur faveur lors des futurs seconds tours. Ce choix terminologique permet de renvoyer les deux extrêmes dos à dos.

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Cette clarification survient en pleine polémique suite à la mort de Quentin, un militant nationaliste tué à Lyon. Le gouvernement et la droite accusent La France Insoumise d'entretenir des liens avec l'« ultra-gauche » et de favoriser la « libération de la parole violente ». La présidente de l'Assemblée s'aligne ici sur la ligne ferme de l'exécutif. Plusieurs ministres, à l'image de Vincent Jeanbrun, pointent déjà la « responsabilité » des Insoumis dans l'hystérisation du débat public, rendant le dialogue impossible.

Un bras de fer politique qui redessine les alliances pour 2026 et 2027

La réplique ne s'est pas fait attendre. La France Insoumise fustige immédiatement cette classification, y voyant une manœuvre de « diabolisation » et une « exploitation du drame » lyonnais pour des raisons électoralistes. Un porte-parole du mouvement réaffirme que son parti reste la seule alternative républicaine face au RN, dénonçant une dangereuse équivalence.

Pourtant, la position de Yaël Braun-Pivet valide implicitement la stratégie de Gabriel Attal : considérer le Nouveau Front Populaire comme non crédible tant qu'il inclut la composante LFI. Pour les municipales de 2026 et la présidentielle de 2027, ce « Ni-Ni » complique l'équation électorale. Il rend a priori impossible le maintien d'un candidat de la majorité présidentielle pour faire barrage à l'extrême droite si l'adversaire est un Insoumis. Cette doctrine risque de multiplier les triangulaires ou de favoriser la victoire du bloc anti-Ni-Ni.

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