LFI reclassée "Extrême Gauche" : la réaction de Mélenchon et le recours au Conseil d'État

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 05/02/2026
Melenchon Jean Luc
abacapress
Une nouvelle circulaire du ministère de l'Intérieur en vue des municipales de 2026 classe désormais La France insoumise dans le bloc "Extrême Gauche", provoquant un recours immédiat devant la justice administrative.

En préparation des élections municipales de 2026, la place Beauvau a revu sa copie concernant l'étiquetage administratif des partis politiques. 

Cette modification sémantique, loin d'être un simple détail technique, suscite une vive indignation au sein du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui dénonce une manœuvre du gouvernement et refuse cette assimilation aux formations les plus radicales.

Une rupture avec la classification historique

Le ministère de l'Intérieur a officialisé une nouvelle grille d'attribution des nuances politiques pour le prochain scrutin municipal. Selon les informations rapportées par Radio J, ce changement majeur acté par l'administration intègre désormais La France insoumise (LFI) au bloc de clivage "Extrême Gauche" (EXG). 

Cette décision marque une rupture nette avec la pratique en vigueur depuis 2017, où le mouvement était traditionnellement classé dans le bloc "Gauche" (G) par les services de l'État.

Avec cette nouvelle circulaire, les candidats insoumis se retrouvent logés à la même enseigne que des formations historiquement rattachées à cette nuance. Le bloc "Extrême Gauche" regroupe habituellement des partis tels que Lutte Ouvrière (LO) ou le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Pour l'administration, il s'agit d'harmoniser la lecture du paysage politique, mais pour les concernés, la pilule ne passe pas.

Une étiquette administrative aux lourds enjeux

Cette "nuance politique" n'est pas une simple étiquette : c'est un outil de classification utilisé par les préfectures pour l'analyse électorale et la présentation des résultats aux citoyens. Si elle ne change pas le nom légal du parti, elle influence la perception publique lors des soirées électorales. L'attribution de ces nuances relève de la compétence exclusive du ministre de l'Intérieur, comme le souligne Le Parisien.

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La réaction ne s'est pas fait attendre du côté des Insoumis. Jean-Luc Mélenchon et les cadres du mouvement fustigent une "manipulation politique". L'objectif pour LFI est de ne pas être enfermé dans une catégorie qui faciliterait, selon eux, le renvoi dos-à-dos avec le Rassemblement National (classé Extrême Droite) dans le débat public. Ils accusent le gouvernement de vouloir brouiller les pistes en les marginalisant hors de l'arc républicain classique.

La bataille se déplace devant le Conseil d'État

Face à ce reclassement, La France insoumise a annoncé saisir la plus haute juridiction administrative. Le mouvement demande l'annulation de cette circulaire, arguant que l'étiquette "Extrême Gauche" porte atteinte à la sincérité du scrutin et méconnaît le principe d'égalité. Ce type de contentieux est fréquent à l'approche des grandes échéances électorales.

Toutefois, la jurisprudence récente pourrait compliquer la tâche des Insoumis. Le 11 mars 2024, le Conseil d'État avait rejeté une demande similaire émanant du Rassemblement National. Le parti de Jordan Bardella contestait son rattachement au bloc "Extrême Droite". 

Les juges avaient alors estimé que le ministre de l'Intérieur n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation. Si le Conseil d'État maintient cette ligne, la classification de LFI à l'extrême gauche sera définitivement validée pour 2026.

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