77 % des Français estiment que le travail ne paie plus

Publié par Sarah Martin
le 05/02/2026
77 % des Français estiment que le travail ne paie plus
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Selon un récent sondage, 77 % des Français estiment que le travail ne paie plus. Un constat largement partagé chez les actifs, de plus en plus nombreux à douter de la capacité de l’effort professionnel à améliorer durablement leur niveau de vie.

Les résultats de l'enquête Elabe pour BFMTV sonnent comme un avertissement pour l'exécutif. Aujourd'hui, 77 % des Français considèrent que le travail ne paie plus. Dans le détail rapporté par Capital, le désaveu est profond : 54 % des sondés estiment que ce n'est « pas vraiment » le cas, et 23 % affirment que ce n'est « pas du tout » le cas. À l'inverse, une minorité de 23 % pense encore que l'emploi reste un levier efficace pour s'en sortir financièrement.

Ce pessimisme ne touche pas tout le monde avec la même intensité. Si le sentiment est partagé nationalement, il atteint des sommets chez les actifs en emploi (79 %) et les personnes âgées de 35 à 64 ans (83 %), note BFMTV. Sociologiquement, le malaise est particulièrement palpable chez les employés et les ouvriers (81 %), ainsi que chez les habitants des communes rurales et des petites agglomérations, où 84 % des résidents partagent ce constat amer selon BourseInside.

Inflation et charges sociales en accusation

Pour expliquer cette érosion ressentie du niveau de vie, les Français désignent des coupables clairs. Bien que son rythme ralentisse, l'inflation reste la cause numéro un pour 63 % des interrogés, souligne Capital. Mais le coût de la vie n'est pas seul en cause : sept personnes sur dix estiment que le modèle social, par le biais des cotisations, pèse excessivement sur les salaires nets. De même, 60 % des sondés pointent le coût du travail pour les employeurs comme un frein, rapporte BourseInside.

Cette perception est aggravée par une stagnation des revenus. Sur les trois dernières années, BFMTV indique que 39 % des actifs ont vu leur rémunération stagner, une perte sèche une fois l'inflation déduite, et 18 % ont subi une baisse. À cela s'ajoute une méconnaissance technique : plus d'un salarié du privé sur deux (53 %) évalue mal l'écart entre le brut et le net. Pour rappel, cet écart représente environ 22 % pour un non-cadre. Ainsi, pour un salaire de 2 500 € brut, le net avant impôt s'établit autour de 1 950 €, une réalité mathématique souvent sous-estimée.

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La gestion budgétaire préférée aux heures sup'

Quatre Français sur dix jugent que multiplier les heures ne permet simplement pas d'augmenter ses revenus, et seuls 14 % croient qu'un surcroît d'effort améliorerait significativement leur situation, selon BFMTV. Paradoxalement, près de 7 salariés sur 10 se disent tout de même prêts à accepter davantage de responsabilités ou d'heures supplémentaires si l'occasion se présentait.

Face à cette impasse, les ménages réorientent leur stratégie. Plutôt que de miser sur une hypothétique augmentation, ils privilégient la maîtrise des coûts. Selon Capital, 51 % des Français optent pour la réduction des dépenses et l'optimisation stricte du budget. D'autres leviers sont activés : 32 % se tournent vers l'investissement immobilier ou financier, 31 % envisagent de déménager vers des zones moins chères, et 30 % comptent sur la mutualisation des revenus via la vie de couple pour maintenir leur niveau de vie.

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