Marine Tondelier utilise un slogan... de Jean-Marie Le Pen
Ce dimanche 8 décembre 2025 marquait une étape décisive pour les Écologistes avec la désignation officielle de leur candidate pour 2027. Pourtant, la large victoire de la secrétaire nationale s'est rapidement transformée en un débat houleux sur la symbolique politique et l'histoire.
Une victoire interne éclipsée par la polémique
Marine Tondelier a été plébiscitée par les militants de son parti, récoltant 86 % des voix face à Waleed Mouhali relate Le Figaro. Cette légitimité interne devait servir de tremplin pour lancer sa campagne en vue d'une hypothétique primaire de la gauche. Mais l'attention médiatique et politique s'est instantanément focalisée sur un autre détail : le dévoilement de son slogan pour 2027, "Tenez bon, nous arrivons !".
À peine la formule prononcée, la polémique sur le slogan de Marine Tondelier a enflammé les réseaux sociaux et la classe politique. En cause ? La ressemblance frappante avec une antienne de l'extrême droite. La réaction de La France insoumise au slogan écologiste ne s'est pas fait attendre. Le député LFI Paul Vannier a violemment critiqué ce choix d'après Libération, accusant ses alliés d l'emprunter à l'imaginaire du Front National. Pour les Insoumis, cette proximité sémantique est une faute politique majeure qui brouille les lignes idéologiques face au RN.
De la Résistance à l'extrême droite : un héritage disputé
Pour comprendre la violence des échanges, il faut remonter le fil de l'Histoire. Marine Tondelier justifie son choix en invoquant une référence patriotique précise : "Tenez bon, nous arrivons !" fut la réponse du général Leclerc envoyée aux FFI (Forces françaises de l'intérieur) en 1944. Le 24 août, alors que les résistants étaient retranchés dans la préfecture de police de Paris, Leclerc leur avait fait parvenir ce message d'espoir avant la Libération.
Cependant, cette phrase historique a connu une seconde vie politique bien plus sombre. Dans les années 1990, Jean-Marie Le Pen et le Front National se sont emparés de la formule, l'adaptant en "Tenez bon, on arrive !" C'est cette ambiguïté qui est au cœur du problème. La candidate écologiste plaide pour une stratégie de Marine Tondelier et la réappropriation des symboles, affirmant sur BFM TV qu'elle ne veut pas "laisser ce slogan aux fachos".
Elle tente de minimiser la proximité du slogan de Tondelier et du Front National en insistant sur une nuance grammaticale : l'utilisation du "nous" au lieu du "on". "C'est très différent", assure-t-elle, soulignant la dimension collective et républicaine de sa démarche, par opposition à la version lepéniste.
Une fracture de plus pour l'union de la gauche
Au-delà de la sémantique, cet épisode révèle les tensions persistantes au sein de la gauche. Ce qui devait être un acte fondateur de rassemblement devient un nouveau point de friction. Cette controverse alourdit les enjeux de la primaire de la gauche après la polémique, montrant qu'avant même de parler de programme, les partenaires peinent à s'accorder sur les symboles.
Pour une partie de la gauche, cette tentative de parler aux classes populaires en reprenant des codes souverainistes ou historiques est jugée trop risquée. Le pari de la candidate est audacieux : reprendre le terrain des valeurs patriotiques abandonné à l'extrême droite. Reste à savoir si les électeurs retiendront l'hommage à la Résistance ou la ressemblance avec les affiches du FN.
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