Crans-Montana : après la sortie du coma de son fils, le témoignage du père d’un adolescent blessé
L'effroi de la nuit de la Saint-Sylvestre laisse enfin place à un immense soulagement pour les proches de Jérémie. Hospitalisé en urgence en France après le drame qui a secoué la station de ski, le jeune homme voit son état de santé s'améliorer significativement. Dans les colonnes de 20 Minutes, son père, Xavier Mittaz, revient sur ces jours d'angoisse et l'espoir retrouvé pour son fils.
Un retour médicalisé vers le Valais
C'est une étape majeure dans le parcours de soins de l'adolescent de 17 ans. Pris en charge jusqu'ici à l'hôpital de Lyon, spécialisé dans les grands brûlés, Jérémie va être transféré vers un établissement valaisan, probablement à Sierre. Les médecins confirment qu'il est désormais hors de danger, après une période critique passée en coma artificiel.
L'absence de lésions pulmonaires a constitué un facteur déterminant pour son réveil, survenu après seulement quatre jours de sédation. Si ses fonctions respiratoires sont préservées, le jeune homme souffre néanmoins de sérieuses brûlures situées au dos et à la main droite. Ces blessures nécessiteront des soins constants et spécialisés une fois son rapatriement en Suisse effectué.
"Cette incertitude était terrifiante"
Pour la famille Mittaz, les semaines écoulées depuis le 1er janvier ont été une épreuve psychologique intense. Xavier Mittaz confie que la peur que son fils « ne se réveille plus » a hanté ses nuits. La vision de l'adolescent sur son lit d'hôpital reste gravée dans sa mémoire : « Cette incertitude était terrifiante. On voit son enfant avec tous ces appareils, ces tuyaux et ces bandages, on ne voyait que ses yeux et une partie de sa bouche », témoigne-t-il.
Contrairement à certaines victimes amnésiques du choc, Jérémie a gardé une mémoire intacte des événements. Selon son père, « il se rappelle de tout : l’endroit où il se trouvait lorsque l’incendie a éclaté, la fuite, les chutes dans l’escalier ». Le jeune homme raconte avoir été piétiné à deux reprises dans la panique générale avant de réussir à s'extraire du brasier. Aujourd'hui, les douleurs physiques perturbent encore son sommeil, malgré l'administration de médicaments.
Cet événement marque une rupture brutale pour les proches, dont la vie a été « complètement bouleversée ». Le transfert vers le Valais met fin aux épuisants allers-retours de trois heures entre Sion et Lyon. La mère de Jérémie, arrivée sur les lieux au plus fort de l'incendie et témoin du « chaos », reste en état de choc mais se raccroche au soulagement d'avoir retrouvé son fils conscient.
"Il est bien possible que la rééducation dure jusqu'à l'automne"
L'heure est désormais à la reconstruction. La famille se prépare à un long chemin de rééducation. D'après les premières estimations médicales rapportées par le père, « il est bien possible que la rééducation dure jusqu'à l'automne ». Malgré cette échéance lointaine, les parents se disent « très reconnaissants » et affichent leur confiance quant à la capacité de leur fils à retrouver une « vie normale ».
L'adolescent se projette déjà dans l'avenir. Son objectif principal est de reprendre son apprentissage pour devenir facteur, un métier qu'il affectionne particulièrement car il lui permet d'être « souvent dehors ». Il espère également pouvoir « refaire de la moto pendant son temps libre », sa grande passion.
Les nouvelles sont aussi rassurantes pour le reste du groupe d'amis présent ce soir-là. Le meilleur ami de Jérémie, lui aussi grièvement blessé, est actuellement « en voie de guérison ». Quant aux trois jeunes filles qui les accompagnaient, elles ont eu la chance d'échapper aux flammes sans blessures physiques.
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