Christine Bravo et les "mallettes de fric" : comment la "conversation de comptoir" a viré au clash avec l'Assemblée

Publié par Stéphane Leduc
le 06/02/2026
christine bravo interview rtl
Capture vidéo
© RTL/On refait la télé
Accusée de tenir des "propos de comptoir" après avoir évoqué des circuits d'argent occultes à France Télévisions, l'animatrice a vivement répliqué au président de la commission d'enquête parlementaire.

La parole d'une personnalité médiatique peut-elle faire vaciller les institutions ? C'est tout l'enjeu de l'altercation musclée qui oppose Christine Bravo à l'Assemblée nationale. Après avoir évoqué des pratiques douteuses au sein de France Télévisions, l'animatrice a forcé le président de la commission d'enquête à sortir du bois, déclenchant une passe d'armes sur fond de mépris de classe et de transparence financière.

Christine Bravo accuse les arrangements financiers à France Télévisions

Fin janvier 2026, c'est sur le plateau de l'émission Tout Beau Tout N9uf que l'ancienne gloire du service public a jeté un pavé dans la mare. Évoquant ses années passées sur les chaînes publiques, elle a décrit un système de connivence opaque. « Ils se donnaient entre mecs, ils se partageaient la galette. Il y avait des scandales financiers, ils s'arrangeaient », a-t-elle affirmé sans détours.

L'animatrice va plus loin en évoquant des flux d'argent liquide : « Mais bien sûr, les mallettes de fric que j'ai vues passer. Mais c'était terrible, le service public. » Elle compare cette ambiance, non pas à une mafia, mais « un peu comme les francs-maçons ». Selon elle, sa mise à l'écart progressive serait directement liée à son refus de ces arrangements et à sa réputation d'être « incontrôlable ».

Le président de la commission d'enquête dénonce la légèreté des accusations

Ces allégations n'ont pas tardé à faire réagir Jérémie Patrier-Leitus. Président de la commission d'enquête parlementaire lancée en octobre 2025 sur le fonctionnement de l'audiovisuel public, le député mène des investigations sérieuses pouvant aboutir à des sanctions pénales. Dans une interview accordée au Figaro, il a tenu à recadrer l'animatrice.

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Il estime impossible de « lâcher des accusations aussi graves au détour d'une phrase » à la télévision. Le politique a cinglé la chroniqueuse en qualifiant ses propos de « conversations de comptoir un peu légères », refusant de considérer ces sorties médiatiques comme des éléments tangibles pour son enquête.

Christine Bravo s'insurge contre le mépris de classe du politique

La réponse de la principale intéressée a été immédiate et virulente. De retour à l'antenne début février 2026, Christine Bravo a fustigé ce qu'elle perçoit comme de l'arrogance de la part de l'élite politique. « Alors quel mépris pour cette table et cette assemblée. Quel mépris de nous ramener à un truc de conversation de comptoir », s'est-elle emportée, avant d'ironiser : « Genre comme si on était une armée de pochetrons. »

Loin de se démonter, elle maintient la gravité de ses observations et lance un défi implicite : elle se dit prête à être entendue par la commission, transformant ainsi ses confidences télévisuelles en témoignage officiel.

L'ancienne animatrice révèle comment son franc-parler a brisé sa carrière

Cet affrontement ravive les plaies d'une carrière télévisuelle en dents de scie. Celle qui a fait les beaux jours de France 2 dans les années 1990 avec Frou-Frou ou Union Libre analyse aujourd'hui son éviction avec amertume. Elle assure que son comportement sans filtre était perçu comme une menace par la direction de l'époque.

« Ils ont détruit ma carrière. Volontairement ! », a-t-elle martelé sur le plateau de TBT9. Désormais installée sur une chaîne privée du groupe Canal+, Christine Bravo profite de cette liberté retrouvée pour régler ses comptes, rappelant que l'ancienne gouvernance du service public n'est plus à l'abri des regards indiscrets.

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