Impôts 2026 : combien paierez-vous vraiment avec une pension de 1750 euros ?
Le suspense législatif est levé. Alors que l'examen du budget laissait craindre un coup de rabot fiscal pour les séniors, l'adoption finale du texte rassure : le gouvernement a écarté l'idée d'une "flat tax" punitive. Les règles du jeu pour 2026 s'appuient finalement sur une préservation des mécanismes existants et une indexation sur l'inflation. Voici l'impact direct de ces arbitrages sur votre portefeuille.
Un statu quo fiscal confirmé par le vote du budget
L'adoption de la Loi de finances pour 2026 (PLF 2026) vient figer les règles d'imposition des revenus perçus en 2025. Comme le souligne Capital, la principale victoire pour les séniors réside dans le maintien intégral de l'abattement fiscal de 10% sur les pensions. Cette mesure coupe court aux pistes de réformes un temps envisagées, notamment celle d'un plafonnement unique à 2 000 euros qui aurait pénalisé les foyers aisés.
Cet avantage fiscal continue donc de s'appliquer automatiquement sur le montant brut des pensions pour près de 17 millions de retraités. Il constitue le premier rempart contre une imposition trop lourde, en réduisant mécaniquement la base imposable avant même l'application du barème progressif.
Abattement maintenu et barème revalorisé
Deux mécanismes vont jouer en faveur des contribuables cette année. D'abord, l'abattement de 10% voit ses bornes ajustées. Selon les données relayées par Cap Retraite, le montant minimal de déduction s'établit désormais à 454 € par pensionné, tandis que le plafond maximal grimpe à 4 438 € par foyer fiscal.
Ensuite, pour contrer les effets de l'inflation, le barème de l'impôt sur le revenu bénéficie d'une indexation. Les tranches d'imposition sont revalorisées de 0,9%, un chiffre aligné sur la hausse des prix hors tabac de 2025. Le Revenu précise que cette mesure vise à éviter que des retraités ne basculent dans une tranche supérieure uniquement à cause de la revalorisation de leurs pensions. Ainsi, la tranche imposée à 11% s'étend désormais jusqu'à 29 579 € de revenu net imposable pour une part fiscale.
Des seuils de CSG revus à la hausse
Au-delà de l'impôt sur le revenu, la pression fiscale dépend des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, Casa). Le taux applicable en 2026 est déterminé par votre Revenu Fiscal de Référence (RFR) de 2024, visible sur votre avis d'imposition reçu en 2025.
Bonne nouvelle rapportée par CFDT Retraités, les seuils de RFR définissant les exonérations ou les taux réduits sont relevés de 1,8%. Pour une part fiscale, l'exonération totale de CSG est acquise si le RFR est inférieur à 13 048 €. Le taux réduit (3,8% de CSG) s'applique quant à lui pour un RFR compris entre 13 049 € et 17 057 €.
Cas pratique : l'impôt pour 1 750 € de pension
Prenons l'exemple concret d'un retraité célibataire (1 part) percevant une pension brute de 1 750 € par mois, soit 21 000 € par an.
Le calcul s'opère en deux temps :
- La base imposable : L'administration fiscale applique l'abattement de 10%. Le calcul est simple : 21 000 € - 2 100 € = 18 900 € de revenu net imposable.
- Le montant de l'impôt : Avec le barème 2026, la part des revenus jusqu'à 11 600 € est imposée à 0%. Seule la partie comprise entre 11 600 € et 18 900 € (soit 7 300 €) est taxée à 11%.
Le résultat final est un impôt théorique de 803 € par an. Cela représente un prélèvement à la source d'environ 67 € par mois, selon les estimations de Meilleurtaux. Notez que ce montant peut varier si vous bénéficiez de crédits d'impôt ou d'autres déductions.
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