Retraite : votre pension pourrait baisser dès le mois prochain, voici pourquoi

Publié par Sarah Martin
le 23/01/2026
Retraités : votre pension pourrait baisser dès le mois prochain
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Certains salariés pourraient constater une baisse de leur salaire net sur leur fiche de paie de janvier. En cause : plusieurs hausses entrées en vigueur au 1er janvier, notamment celles des cotisations de mutuelle, des abonnements de transport et du prélèvement à la source.

Le mois de janvier marque le top départ des revalorisations administratives, mais c'est bien en février que la réalité frappe le portefeuille des seniors. Si l'augmentation de 0,9 % des pensions de base est acquise, elle ne sera visible que sur le versement du 9 février, qui correspond à la pension du mois de janvier. Mais attention : pour une partie des retraités, cette hausse sera effacée, voire transformée en perte sèche, par la mécanique implacable des prélèvements sociaux.

Dans les faits, ce phénomène s'explique par un « effet ciseau » entre la modeste revalorisation brute et le saut potentiel vers une tranche d'imposition supérieure.

Pourquoi la hausse ne suffit pas toujours ?

Pour comprendre ce qui va se passer sur votre compte en banque, il faut d'abord regarder les dates. Le calendrier de paiement de la revalorisation de la retraite de base 2026 est formel : le virement reçu début janvier correspondait au mois de décembre 2025, sans changement. Celui de février inclura bien la hausse de 0,9 %.

Cependant, si vos revenus ont légèrement augmenté en 2024, vous risquez de franchir un seuil fiscal fatidique. Le calcul de la pension nette de retraite en février 2026 dépendra alors moins de l'inflation que de votre taux de prélèvement social. Si le montant brut augmente de quelques euros mais que votre taux de CSG bondit de 3,8 % à 6,6 %, le résultat net sera mathématiquement inférieur à celui de l'année précédente. C'est le paradoxe redouté : le gain brut est immédiatement grignoté par une nouvelle ponction sociale.

CSG : allez-vous changer de taux cette année ?

Tout se joue sur la Contribution Sociale Généralisée (CSG). C'est cet impôt, prélevé à la source, qui peut rebattre les cartes. L'administration fiscale détermine votre taux (0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %) en se basant sur votre Revenu Fiscal de Référence (RFR) de 2024. L'impact du nouveau barème de CSG sur la retraite 2026 est direct : bien que les seuils aient été relevés de 1,8 % pour suivre l'inflation, cela ne suffit pas toujours à protéger les retraités dont les revenus ont progressé.

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Il est donc crucial de vérifier votre dernier avis d'imposition. À titre d'exemple, le seuil de RFR pour l'exonération de CSG d'un retraité seul (taux à 0 %) est désormais fixé à 13 049 euros (pour la première part). Pour un couple, l'exonération totale court jusqu'à 20 014 euros, rapporte Pleine Vie. Au-delà de ces montants, les prélèvements s'activent et peuvent grimper jusqu'à 9,1 %.

Quand l'ajustement sera-t-il effectif ?

L'Assurance retraite (Cnav) applique généralement le nouveau taux dès le paiement de février. Si vous constatez une anomalie ou une baisse inattendue, sortez vos calculatrices et vérifiez votre RFR. Rappelons que le Code de la Sécurité sociale prévoit l'indexation des pensions sur l'inflation hors tabac, mais ne protège pas contre les effets de seuil fiscaux.

Pour les retraités du privé, une autre date est à noter. L'ajustement de la retraite complémentaire Agirc-Arrco en mars viendra régulariser la situation pour les mois de janvier et février. Cela peut engendrer un trop-perçu à rembourser ou, à l'inverse, un rappel en votre faveur. Surveillez vos comptes : le montant affiché le 9 février sera votre nouvelle réalité financière pour les douze mois à venir.

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