PER : la fin de la déduction fiscale après 70 ans actée pour 2026
C'est un coup dur pour les épargnants avertis qui utilisaient leur plan d'épargne retraite comme un outil de transmission. Le verdict est tombé avec l'adoption du Budget 2026 : l'avantage fiscal incitatif pour les versements réalisés après le 70e anniversaire du titulaire disparaît. Cette réforme marque la fin d'une ère pour l'optimisation patrimoniale des seniors.
Jusqu'à présent, le PER offrait une double détente fiscale très prisée : une réduction d'impôt immédiate à l'entrée, suivie d'un régime successoral favorable à la sortie. En s'attaquant à la déduction des versements pour les plus âgés, le gouvernement entend recentrer le produit sur sa vocation première : la constitution d'un complément de revenu pour la retraite, et non un outil d'héritage défiscalisé.
La suppression de l'avantage fiscal après 70 ans
Le couperet tombera dans quelques mois. Selon le texte final du budget, la suppression de l'avantage fiscal du PER après 70 ans est effective depuis le 1er janvier 2026. Cette mesure, issue d'un amendement parlementaire conservé après l'engagement du 49.3, vise spécifiquement la déductibilité des versements volontaires de l'assiette de l'impôt sur le revenu.
Dans les faits, cela signifie que tout versement effectué sur votre plan après cette date, une fois passé le cap des 70 ans, ne vous permettra plus de réduire votre imposition annuelle. L'objectif affiché par le législateur, comme le précise l'amendement sénatorial, est de mettre fin à un effet d'aubaine jugé coûteux pour les finances publiques. Il est donc urgent pour les épargnants concernés d'anticiper ce changement dès maintenant.
Un coup d'arrêt à l'optimisation successorale
Pourquoi cette mesure est-elle si critique pour votre stratégie financière ? Le PER était devenu le chouchou des conseillers en gestion de patrimoine pour une raison simple : il permettait de gommer de l'impôt aujourd'hui tout en préparant sa succession. En effectuant des versements importants après 70 ans, un épargnant pouvait réduire drastiquement son revenu imposable tout en capitalisant des sommes qui, au moment du décès, bénéficiaient d'un abattement global de 30 500 euros sur les primes versées.
Avec cette réforme, l'équation change. Si le régime successoral (l'abattement à la sortie) reste pour l'instant inchangé, l'absence de gain fiscal à l'entrée rend l'opération financièrement beaucoup moins attractive. L'optimisation successorale via le PER après 70 ans perd son moteur principal. Comme le soulignent les experts de MoneyVox, sans la carotte fiscale à l'entrée, l'intérêt de bloquer des fonds sur ce plan d'épargne à un âge avancé devient discutable face à d'autres enveloppes fiscales.
Assurance-vie et donations : les alternatives à privilégier
Face à ce durcissement, il est impératif de revoir votre copie. Si vous disposez de liquidités à placer après 70 ans, l'assurance-vie redevient incontestablement la reine de la transmission. Bien que les versements après 70 ans dans une assurance-vie soient également soumis à l'abattement de 30 500 euros, la souplesse du produit et sa disponibilité en font une meilleure option en l'absence de déduction fiscale pour versement PER retraite.
Par ailleurs, c'est le moment idéal pour se pencher sur les alternatives qui y sont liées, notamment via la donation. Le don manuel ou la donation-partage permettent de transmettre de votre vivant en profitant des abattements légaux (100 000 euros par enfant tous les 15 ans), une solution immédiate et sans friction fiscale.
Notez enfin une bonne nouvelle dans ce budget pour les épargnants plus jeunes ou ceux n'ayant pas encore atteint 70 ans : la loi prévoit l'allongement du report du plafond de déduction PER à 5 ans, contre 3 ans actuellement. Une mesure qui permet aux actifs de lisser plus efficacement leurs efforts d'épargne sur le moyen terme.