Assurance-vie : bonne nouvelle pour les épargnants en 2026

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/01/2026
Assurance-vie
Istock
L'utilisation de l'article 49.3 par le gouvernement pour faire passer le budget 2026 a permis d'écarter in extremis un amendement controversé visant à taxer les fonds en euros des contrats d'assurance vie les plus importants.

Alors que les débats parlementaires sur le Budget 2026 touchaient à leur fin dans une ambiance électrique, les épargnants français ont retenu leur souffle face à une menace fiscale inédite. Le recours ultime au 49.3 gouvernement a finalement permis de rejeter une mesure qui visait à élargir l'assiette de l'IFI à certains placements financiers jugés trop "passifs" par une partie de l'hémicycle.

Le 49.3 écarte la menace fiscale

L'examen du Projet de Loi de Finances (PLF) a été le théâtre d'un bras de fer intense concernant la fiscalité du patrimoine. Au cœur des tensions, une proposition d'instaurer un "impôt sur la fortune improductive" dans le PLF 2026 a failli remettre en cause l'équilibre fiscal du placement préféré des Français. L'exécutif, soucieux de ne pas envoyer un signal négatif aux épargnants, a choisi de trancher dans le vif.

En déclenchant l'article 49.3 de la Constitution, le Premier ministre a acté le retrait de l'amendement IFI sur l'assurance vie via le 49.3, balayant ainsi les modifications adoptées contre l'avis du gouvernement. Cette décision politique forte permet de maintenir le cadre législatif actuel, évitant une déstabilisation majeure d'un secteur qui draine une part colossale de l'épargne des ménages.

Une taxe de 1 % sur les capitaux dormants

La mesure écartée reposait sur une logique précise : faire contribuer davantage ce que ses promoteurs qualifiaient de "rente passive." Contrairement aux unités de compte investies dans l'économie réelle (actions, obligations d'entreprises), les fonds en euros, garantis en capital, étaient ciblés par ce projet d'impôt sur la fortune improductive. L'objectif était d'intégrer ces sommes dans le calcul de l'Impôt sur la Fortune Immobilière, qui se cantonne aujourd'hui à la pierre.

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Le dispositif envisagé était particulièrement strict. Il prévoyait d'associer assurance-vie, fonds euros et IFI dès 1,3 million d'euros d'encours, alignant ainsi le seuil de déclenchement sur celui de l'immobilier. Au-delà de ce montant, un taux de 1% aurait été appliqué sur la fraction excédentaire. Une perspective qui a fait bondir les professionnels du secteur. Comme le souligne régulièrement la Fédération Française de l'Assurance (FFA), la stabilité fiscale est la pierre angulaire de la confiance des épargnants, et une telle ponction aurait pu provoquer des retraits massifs.

La fiscalité avantageuse maintenue pour 2026

Pour les détenteurs de contrats, le soulagement est réel. Les conséquences du retrait de la "taxe assurance-vie" sont immédiates : le statu quo prévaut pour l'année à venir, rassure Capital. Les fonds en euros restent, au même titre que les unités de compte, totalement exonérés d'IFI, quel que soit le montant détenu sur le contrat. L'assurance vie conserve ses atouts majeurs, notamment sa fiscalité dégressive après huit ans de détention et ses abattements annuels sur les gains.

Cette séquence parlementaire a toutefois le mérite de rappeler la fragilité des acquis fiscaux. En garantissant une certaine stabilité fiscale pour l'assurance-vie en 2026, le gouvernement offre un répit, mais le débat sur la taxation des hauts patrimoines financiers risque de ressurgir lors des prochaines échéances budgétaires. Il reste essentiel pour les épargnants de surveiller les futurs projets de loi, car l'idée de taxer l'épargne dite "sans risque" semble faire son chemin dans l'esprit de certains législateurs.

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