Le livret A en perte de vitesse après la baisse des taux
C'est désormais officiel : selon les données validées par Bercy et la Banque de France, le taux du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) a chuté à 1,5 % ce 1er février 2026, contre 1,7 % auparavant. Le Livret d'épargne populaire (LEP), bien que plus résistant, voit également sa rémunération s'éroder pour atteindre 2,5 %. Cette décision marque la fin d'une période faste pour l'épargne réglementée.
La publication des rendements 2025 pour les fonds euros révèle une moyenne nationale établie autour de 2,65 %. Mieux encore, certains contrats creusent l'écart de manière spectaculaire. On observe ainsi des taux atteignant 3,50 % sur certains contrats LCL, ou encore 2,75 % pour le contrat Lucya Cardif. Cet écart de plus d'un point avec le Livret A modifie radicalement la stratégie patrimoniale à adopter.
Les Français ne s'y sont pas trompés. Après des années de décollecte, l'assurance-vie enregistre un retour en force massif. Selon France Assureurs, l'année 2025 s'est soldée par une collecte nette record de 50,6 milliards d'euros, portant l'encours total à un niveau historique de 2 107 milliards d'euros fin décembre. Paul Esmein, directeur général de la fédération, souligne dans un communiqué du 27 janvier 2026 : « Le bilan 2025 de la collecte de l’assurance vie confirme l’attractivité et la solidité de ce placement de long terme qui s’adresse à tous les Français. »
Pourquoi les fonds euros surperforment-ils à nouveau ?
Ce regain de forme n'est pas dû au hasard, mais à une mécanique financière précise liée à la remontée des taux obligataires (OAT). Les assureurs, qui investissent majoritairement les fonds euros dans des obligations d'État, profitent de coupons désormais plus rémunérateurs pour reconstituer leurs marges.
Pour soutenir cette dynamique et rester compétitifs face aux livrets, les compagnies ont également puisé dans leurs réserves. Le recours massif à la Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB) a permis de lisser les performances et de servir des taux attractifs aux assurés.
Enfin, les politiques commerciales jouent un rôle moteur. De nombreux assureurs proposent des mécanismes de bonification agressifs. Ces "bonus" permettent de doper le rendement du fonds euros (parfois jusqu'à +1,5 % supplémentaire) à condition que l'épargnant investisse une part de son versement en Unités de Compte (UC), plus risquées mais potentiellement plus rentables.
Arbitrer son épargne : les avantages stratégiques
Face à un Livret A qui ne rapporte plus que l'inflation, l'assurance-vie offre une liberté appréciable : l'absence de plafond. Là où le livret réglementé bloque les versements à 22 950 €, l'assurance-vie permet de sécuriser des sommes illimitées tout en conservant, via le fonds euros, une garantie totale sur le montant investi.
La fiscalité constitue le second atout majeur, souvent mal compris. Certes, les gains des fonds euros subissent les prélèvements sociaux de 17,2 % chaque année. Toutefois, la fiscalité sur les retraits devient extrêmement douce après huit ans de détention. L'épargnant bénéficie alors d'un abattement annuel de 4 600 € sur les intérêts (9 200 € pour un couple), rendant l'opération quasi indolore fiscalement.
Enfin, l'assurance-vie demeure un outil de transmission sans équivalent. Elle permet de sortir en capital ou en rente selon les besoins, tout en offrant un cadre successoral privilégié avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire désigné, hors de la succession classique.