Patrick Sébastien dénonce "un portrait à charge" après la diffusion de Complément d'enquête

Publié par Julien Pinardi
le 13/03/2026
Patrick Sébastien
abacapress
© ANDBZ/ABACA
Suite aux révélations de l'émission Complément d'enquête, Patrick Sébastien se retrouve au cœur d'une tempête médiatique mêlant ambitions politiques et accusations troublantes sur son comportement avec les femmes.

L'image du trublion populaire, chantre de la fête, se fissure dangereusement après la diffusion de l'émission Complément d'enquête le jeudi 12 mars 2026 sur France 2. Dans ce numéro intitulé "Profession : provocateur", l'ex-animateur fait face à de lourdes révélations concernant son intimité et ses méthodes de travail.

Un mouvement citoyen pour défier les élites

Patrick Sébastien lance "Ça suffit !", un projet politique ciblant l'échéance présidentielle de 2027. L'ancien présentateur refuse l'étiquette de candidat pour endosser celle de relais pour les oubliés de la République. "Je ne suis pas candidat, je suis un porte-parole. Je veux simplement que les idées des gens d'en bas soient entendues par ceux d'en haut", affirme-t-il devant les caméras de Complément d'enquête. Ce ras-le-bol assumé illustre sa profonde rupture avec la classe dirigeante.

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Une enquête judiciaire embarrassante

Le contraste frappe les esprits. Alors qu'il se rêve en porte-voix des Français, le patriarche de la télévision affronte une enquête pour exhibition sexuelle ouverte par le parquet de Béziers, suite à des faits survenus dans un club libertin au Cap d'Agde. La vedette récuse fermement toute intention malveillante. "C’est ma vie privée. Je n'ai jamais obligé personne à regarder quoi que ce soit, et je n'ai agressé personne", se défend-il dans le reportage de France 2. "Dans cette affaire du Cap d’Agde, c’est une volonté de me nuire" affirme-t-il visiblement très ému.

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Le côté sombre du grand cabaret

En coulisses, le management de la star fait grincer des dents. D'anciens collaborateurs dénoncent anonymement une ambiance tyrannique et des excès d'humeur constants sur les plateaux. Une ancienne salariée témoigne dans l'émission : "Il y avait un côté monarchique. On était là pour le servir, et si on n'entrait pas dans son délire, on était mis de côté." Face à ces accusations, le producteur assume un style brut et exigeant, fustigeant le diktat de la bien-pensance.

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Pour certains, comme Édouard Boccon-Gibod, ancien responsable de la conformité des programmes de TF1, il était omnipotent. "Je pense que c’était un cauchemar pour tout le monde en réalité. Il ne voulait pas nous voir, il considérait qu’on n’avait rien à foutre sur les plateaux donc on se planquait. Il ne pouvait pas nous voir sans se foutre de notre gueule. C’était un refus de l’autorité absolu."

Marie Genest, ancienne directrice des divertissements de France 2, raconte une scène survenue dans les coulisses du Plus grand cabaret du monde en 2017 : "Je pense qu’il a voulu me frapper. Il est arrivé vers moi pour me foutre sur la gueule. Je ne suis pas une pute ! T’as de la chance de ne pas être un mec."

Son comportement avec les femmes : une affaire de générations ?

Une ancienne stagiaire témoigne anonymement. Elle décrit dans le magazine sa première et unique rencontre avec Patrick Sébastien, dans le bureau de l'animateur, pendant laquelle il ne peut s'empêcher une remarque sexiste et très vulgaire, que la jeune femme a pris pour une moquerie pour faire rire les autres personnes présentes à ce moment-là. Une provocation ? Puis elle affirme : "Il a mis une claque sur les fesses de ma maître de stage. J’ai eu la sensation que ce n’était pas la première fois qu’il le faisait" (contactée par Complément d'enquête, cette dernière a nié l'épisode).

Sa maquilleuse de toujours confirme quant à elle ses attitudes tout en les normalisant. "Il est comme ça", expliquant qu'à l'époque ce genre de comportement était banal. Une animatrice, qui a souhaité rester anonyme elle aussi mais a répondu par SMS aux journalistes de France 2 évoque elle "Plus une paillardise malsaine et puante que de l’agression sexuelle. Il montrait son sexe pour un oui ou un non. C’était une époque où les mœurs étaient moins surveillées qu’aujourd’hui."

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La stratégie de la victimisation

Depuis son éviction brutale de France Télévisions en 2019, apprise douloureusement par voie de presse, l'homme de spectacle qui se définit comme "artiste' nourrit une rancœur tenace envers les dirigeants de l'audiovisuel. Malgré ce portrait à charge, il conserve une communauté de fans dévouée. Ces derniers perçoivent leur idole comme une victime expiatoire d'une élite parisienne. L'animateur compte utiliser ce scandale pour asseoir sa stature d'homme rebelle et légitimer sa nouvelle croisade politique. A la fin du magazine, il dénonce un "portrait à charge. C’est est une commande de Madame Ernotte (présidente de France TV ,NDLR) où il faut absolument me démonter, d’une manière ou d’une autre." 

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