France 2 vs TF1 : Léa Salamé défend le budget du service public à l'Assemblée
Convoquée par la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, la présentatrice vedette de France 2 a dû s'expliquer sur l'efficacité des moyens alloués à la chaîne. Face aux comparaisons chiffrées avec le privé, elle a tenu à défendre l'indépendance de sa rédaction tout en clarifiant sa position personnelle vis-à-vis de la vie politique.
Une équation budgétaire contestée par les députés
Le ton est rapidement monté lorsque le député UDR Charles Alloncle a mis en cause la gestion financière du groupe public devant la commission. Chiffres à l'appui, le rapporteur a pointé un déséquilibre frappant : le budget information de France Télévisions atteint 230 millions d'euros, contre 140 millions pour son concurrent privé TF1. Selon l'élu, cela représente presque deux fois plus de moyens pour des résultats d'audience inférieurs, le 20h de la Deux réunissant en moyenne 3,8 millions de téléspectateurs en 2025 contre 5,2 millions pour la Une.
Cette comparaison budget France TV TF1 a servi de base pour interroger la journaliste sur les racines du problème. Les parlementaires ont cherché à savoir si ce décalage relevait d'une stratégie défaillante, d'une ligne éditoriale inadaptée ou d'un problème plus large de gouvernance au sein de la holding publique.
Une défense axée sur la mission de service public
Pour répondre à ces attaques, Léa Salamé a insisté sur la nature spécifique du service public. Elle a justifié cet écart budgétaire par la nécessité de couvrir l'intégralité du territoire via les antennes régionales et de proposer une offre plurielle, garantissant la diversité des opinions, souvent non rentable pour un acteur privé. Au-delà des courbes d'audience du 20h de France 2 et de leur coût, elle défend une exigence de qualité et de formation des journalistes.
Interrogée ensuite sur sa neutralité vis-à-vis de son compagnon Raphaël Glucksmann, la réponse de Léa Salamé à la commission d'enquête a été ferme. Se définissant comme une « femme libre » et une « journaliste indépendante, honnête », elle a pris un engagement solennel concernant l'élection présidentielle de 2027. « S'il est candidat, je sors de l'antenne. Je ne m'accroche pas, je sors, immédiatement », a-t-elle déclaré, citée par Europe 1. Une décision cohérente avec son retrait temporaire lors de la candidature de son conjoint aux élections européennes de 2019.
Des finances sous surveillance et des réformes à venir
Cette audition s'inscrit dans un contexte de crise financière chez France Télévisions. Comme le souligne régulièrement la Cour des comptes, le groupe doit réaliser des efforts majeurs de gestion, avec un objectif d'économies fixé à 180 millions d'euros d'ici 2026. D'autres sujets sensibles ont émergé durant les échanges, notamment le double statut de journaliste et productrice de l'invitée, ainsi que les critiques récurrentes sur les audiences jugées faibles de la chaîne franceinfo.
Ces débats préfigurent les discussions houleuses autour de l'avenir et des économies du service public en France. La commission d'enquête parlementaire doit rendre ses conclusions prochainement, lesquelles pourraient influencer une éventuelle réforme de la gouvernance et de la ligne éditoriale de France Télévisions.