France Télévisions : 65 millions d'euros en moins suite aux polémiques sur les dépenses

Publié par Stéphane Leduc
le 20/01/2026
un salon rétro des années 80. Sur la télé on voit un animateur qui se roule dans des billets de banq
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La réduction de 65,3 millions d'euros sur la dotation 2026 de France Télévisions sanctionne l'opacité et les dépenses excessives pointées par les parlementaires.

De la "gabegie financière" dénoncée à l'Assemblée nationale aux symboles comme les chambres au Majestic, découvrez comment l'argent issu de la TVA est géré et quelles sont les conséquences de cette coupe budgétaire sur le service public.

C’est une douche froide pour la direction de l’audiovisuel public. Le Projet de loi de finances pour 2026 actant une baisse drastique de la dotation allouée au groupe audiovisuel n'est pas qu'un simple ajustement comptable. Il résonne comme une sanction politique directe après des semaines de débats houleux. Les parlementaires, lassés par ce qu'ils qualifient d'opacité, ont décidé de serrer la vis. Cette mesure intervient alors que les contribuables s'interrogent de plus en plus sur l'utilisation des fonds publics depuis la fin de la redevance.

Une sanction politique chiffrée à 65 millions

Le verdict est sans appel : l’État retire 65,3 millions d'euros à France Télévisions, portant sa dotation à 2,4 milliards d'euros, soit une baisse de 2,6 %. Ce coup de rabot est la réponse immédiate aux tensions survenues lors des récentes auditions parlementaires. Le rapporteur Charles Alloncle n’a pas mâché ses mots, pointant une gestion floue et exigeant la transparence.

Cette décision budgétaire s'inscrit dans la continuité directe des auditions de la commission d'enquête sur la gabegie de décembre 2025. Durant ces échanges, les dirigeants ont été mis sous serment et sommés de justifier l'usage des deniers publics. L'exécutif envoie ici un signal clair : l'époque des chèques en blanc est révolue et l'effort de rigueur s'applique désormais au service public avec une sévérité accrue.

Des symboles de dépenses fastueuses qui ne passent plus

Pourquoi une telle fermeté ? Les députés gardent en mémoire des symboles forts, comme l'affaire des chambres au Majestic à Cannes, régulièrement citée pour illustrer un train de vie déconnecté de la réalité des Français. Au-delà de l'hôtellerie de luxe, ce sont les rémunérations des cadres qui crispent. Lors des débats, les députés ont longuement analysé les conséquences des salaires XXL sur le budget de France Télévisions, les jugeant incompatibles avec la rigueur demandée aux autres services de l'État.

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Il est essentiel de rappeler que depuis la suppression de la redevance, c’est une fraction de la TVA qui alimente ces caisses. Autrement dit, chaque achat que vous faites contribue à ce budget de plusieurs milliards. L'idée que la TVA finance les dépenses excessives de France Télévisions est devenue politiquement insupportable. Ce sentiment est renforcé par la crainte d'un nouveau scandale de gaspillage à France Télévisions via la TVA, poussant le législateur à agir préventivement.

La menace pèse sur les programmes régionaux

Cette coupure budgétaire de France Télévisions de 65 millions, liée aux échos du Majestic et autres dérives, aura des effets concrets sur le fonctionnement du groupe. La direction va devoir trouver des économies massives, bien au-delà de la simple réduction faciale, pour absorber l'inflation. Le risque majeur est que l'effort se répercute sur la création française ou les antennes régionales de France 3, piliers du lien avec les territoires.

La Cour des comptes avait pourtant prévenu : la situation est "non soutenable sans réformes structurelles majeures". La présidente Delphine Ernotte-Cunci se trouve donc au pied du mur. Elle doit désormais engager une réforme et une rationalisation du service public après la redevance, tout en assurant la couverture des grands événements comme les Jeux olympiques de 2026. L'équation financière semble impossible sans toucher à la substance même des programmes.

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