Nagui : accusé de s'enrichir "sur l'argent public", il menace un député
La commission d'enquête sur l'audiovisuel public, censée examiner la neutralité et les finances du secteur, est devenue le théâtre d'un affrontement spectaculaire. D'un côté, le député Charles Alloncle, figure de l'UDR proche d'Éric Ciotti, de l'autre, Nagui, l'un des animateurs préférés des Français. Ce qui ne devait être qu'un débat technique s'est transformé en règlement de comptes personnel.
L'élu l'a en effet frontalement admonesté quant à l'argent qui l'aurait enrichi grâce à France Télévisions. Face à cette attaque directe, le mari de Mélanie Page n'a pas tardé à réagir. Loin de se laisser faire, il a choisi les réseaux sociaux pour livrer ses quatre vérités et menacer son accusateur d'un rendez-vous devant les tribunaux.
Pourquoi le député vise-t-il l'animateur ?
C'est une sortie médiatique qui a mis le feu aux poudres. Invité de l'émission Les Incorrectibles de Sud Radio, Charles Alloncle n'a pas mâché ses mots, bien qu'il ait pris la précaution oratoire d'utiliser le conditionnel. Selon le rapporteur de la commission d'enquête, l'animateur de Taratata serait l'homme qui a le plus profité du système. "Je pense, je vais parler au conditionnel, que Nagui est la personne sur les dix dernières années en France qui s'est le plus enrichie sur l'argent public", a-t-il lancé, rapporte BFM TV.
Pour étayer son propos, le député pointe du doigt les marges supposément "extrêmement importantes" réalisées par les sociétés de production de l'animateur, affirmant même que ses revenus dépasseraient ceux de n'importe quel grand patron d'entreprise publique ou même du chef de l'État. Une déclaration choc qui a immédiatement fait le tour de la toile, obligeant l'intéressé à sortir de son silence.
Combien rapporte vraiment Nagui au service public ?
Blessé par ces allégations, Nagui a tenu à rétablir sa vérité financière. Dans une longue publication, il a rappelé une distinction fondamentale souvent oubliée par le grand public : il n'est pas uniquement un salarié, mais un chef d'entreprise qui investit. Pour clarifier la situation entre le producteur indépendant et son statut avec France 2, il martèle : "Il ne faut pas confondre empocher et embaucher".
Loin de l'image du prédateur des fonds publics dépeinte par l'élu, l'animateur se pose en créateur de richesse. Il affirme produire 300 heures de programmes par an, générant ainsi l'édition de pas moins de 10 000 bulletins de salaire. Plus encore, il défend l'efficacité économique de ses émissions. Selon lui, la rentabilité de N'oubliez pas les paroles pour France Télévisions est incontestable : le jeu coûterait huit fois moins cher qu'une fiction tout en rapportant près de 30 millions d'euros de publicité par an au groupe. Un argumentaire chiffré destiné à prouver qu'il rapporte plus d'argent au service public qu'il ne lui en coûte.
Jusqu'où ira le bras de fer judiciaire ?
La riposte ne s'est pas arrêtée aux chiffres. La réponse de Nagui aux accusations d'enrichissement sur Instagram a pris une tournure beaucoup plus offensive sur le plan légal. Refusant d'être "jeté en pâture à la vindicte populaire" sur la base de simples suppositions, l'animateur a invité son détracteur à quitter le confort des studios d'interview pour la rigueur d'un prétoire.
"Retrouvons-nous devant un vrai tribunal", a-t-il lancé, défiant l'élu de prouver ses dires sans l'immunité du conditionnel. En effet, Nagui a menacé de poursuites judiciaires le député, évoquant une plainte pour diffamation. L'animateur soulève également une question plus personnelle : "Quel est votre sentiment ou ressentiment à mon égard ?", faisant allusion à des insultes racistes qu'il aurait subies par le passé, potentiellement liées à l'entourage politique de son accusateur. Les conséquences juridiques des accusations du député sur l'animateur pourraient donc dépasser le simple cadre médiatique pour devenir une affaire de principes et d'honneur.