Budget 2026 : la surtaxe à 6 milliards d'euros confirmée pour les grandes entrprises

Publié par Matthieu Chauvin
le 05/01/2026
Conseil des ministres
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© Jocard Alain/ABACA
Le ministre de l'Économie Roland Lescure a officialisé le retour d'une surtaxe ciblée sur les bénéfices des plus grandes entreprises, dont le rendement est désormais estimé à 6 milliards d'euros, pour boucler le Budget 2026.

C’est une confirmation attendue qui vient sceller l’un des points les plus épineux du Projet de loi de finances (PLF) 2026. Face à la nécessité absolue de trouver des recettes pour réduire le déficit public, le gouvernement a tranché : les très grands groupes seront mis à contribution de manière plus significative que prévu. Le ministre de le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a validé le dispositif d'une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises dans le cadre du PLF 2026, avec un objectif de rendement revu à la hausse.

Cette manœuvre budgétaire ne vise pas uniquement à renflouer les caisses de l'État. Elle répond à une logique de vases communicants essentielle pour le tissu économique français : taxer les géants pour permettre de poursuivre l'allégement fiscal des plus petites structures.

Un objectif de 6 milliards pour tenir le compromis budgétaire

L'équation était complexe, mais le résultat est désormais chiffré. Alors que les premières estimations tablaient sur 4 milliards, le gouvernement vise désormais un rendement de 6 milliards d'euros. Cette somme est jugée indispensable pour obtenir un compromis parlementaire et maintenir le cap de réduction du déficit autour de 5 % du PIB. Comme l'a souligné Roland Lescure, cité par Sud Ouest, la conviction de l'exécutif est qu'"il faut que tout le monde contribue" à l'effort de redressement des comptes publics.

Ce montant servira prioritairement à garantir le financement de la baisse de la CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises). Cet impôt de production, jugé nocif pour la compétitivité industrielle, doit disparaître progressivement. Grâce aux recettes de la surtaxe, l'État peut maintenir sa promesse d'une suppression totale à l'horizon 2028, sans creuser davantage la dette. C'est donc un équilibre précaire mais stratégique qui se joue : demander un effort exceptionnel aux leaders du marché pour ne pas étouffer les PME et les ETI.

Surtaxe : les seuils et taux qui vont s'appliquer

Le dispositif est calibré pour épargner la grande majorité des sociétés françaises. Seules celles réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard d'euros seront concernées par cette contribution exceptionnelle. Le barème retenu opère une distinction nette selon la taille de la structure, créant de fait deux catégories de contributeurs :

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  • les entreprises dont le chiffre d'affaires se situe entre 1 et 3 milliards d'euros se verront appliquer un taux de 5 % ;
  • pour les très grands groupes dépassant les 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, l'effort sera beaucoup plus intense, avec un taux de 35,3 % appliqué sur l'Impôt sur les Sociétés (IS).

Ce seuil de chiffre d'affaires pour la surtaxe des entreprises permet de cibler les acteurs ayant la trésorerie la plus solide, tout en préservant l'investissement des entreprises de taille intermédiaire. C'est ce mécanisme qui constitue la clé de voûte du compromis budgétaire sur la surtaxe IS, rendant la mesure plus acceptable politiquement, notamment auprès des oppositions qui réclamaient une plus grande justice fiscale.

Calendrier : une adoption urgente à l'Assemblée

Le temps presse pour l'exécutif. Après le rejet de certaines parties du budget par le Sénat et le vote d'une loi de finances spéciale pour assurer la continuité de l'État, le calendrier d'adoption du projet de loi de finances 2026 s'accélère. Le texte budgétaire intégrant cette mesure doit être examiné en commission des finances dès ce jeudi, avant son arrivée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale la semaine prochaine.

Pour les entreprises, l'enjeu est de taille. L'adoption définitive de cet article validera le montant de la surtaxe évoqué par Roland Lescure pour le budget 2026 et scellera le sort de la fiscalité locale pour les années à venir. Si la mesure passe, elle confirmera la trajectoire d'une fiscalité qui tente de concilier rigueur budgétaire et soutien à l'offre productive.

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