Impôt sur la fortune : pourquoi les ultra-riches fuient la Californie avant 2026

Publié par Stéphane Leduc
le 14/01/2026
illustration de type dessin de presse. Plan large cinématique montrant des jets privés (style Gulfst
New Planet Media
Avant même son adoption potentielle, un projet de taxation rétroactive de la fortune en Californie provoque déjà un mouvement de panique chez les ultra-riches. Un scénario qui rappelle les débats sur l'ISF en France, mais à une échelle démesurée.

Ce mardi, l'inquiétude grandit dans les couloirs feutrés de la Silicon Valley alors qu'un projet de loi fiscal controversé menace de redessiner la carte des grandes fortunes américaines. Baptisée "2026 Billionaire Tax Act", cette initiative vise à ponctionner une partie du patrimoine des résidents les plus aisés de l'État, mais c'est son calendrier d'application qui met le feu aux poudres.

L'idée centrale de ce texte est d'instaurer un projet d'impôt de 5 % sur la fortune nette pour les contribuables possédant plus d'un milliard de dollars d'actifs. Si le vote public n'est prévu que pour novembre 2026, le mécanisme comporte un piège redoutable pour les concernés : une application rétroactive fixée au 1er janvier 2026. Cette date butoir imminente explique pourquoi la fuite des milliardaires avant le vote de la taxe 2026 est devenue une réalité tangible, ces derniers cherchant à sécuriser leurs avoirs avant la fin de l'année en cours.

Un prélèvement exceptionnel sur les gains non réalisés

Le texte, soutenu par des syndicats puissants comme le SEIU-UHW, ne se contente pas de taxer les revenus classiques. Il s'attaque au patrimoine global, y compris les actions, les œuvres d'art et la propriété intellectuelle. Le point le plus critique réside dans la taxation des plus-values latentes, c'est-à-dire les gains de valeur sur des actifs qui n'ont pas encore été vendus. Comme l'explique Fox Business, cette mesure toucherait environ 200 grandes fortunes de l'État et pourrait contraindre certains fondateurs d'entreprises à vendre des parts de leurs sociétés pour régler la note.

Les promoteurs de l'initiative espèrent ainsi récolter 100 milliards de dollars sur cinq ans. Ces fonds sont destinés à combler les déficits et à financer le système de santé ainsi que l'éducation, alors que la Californie fait face à des coupes budgétaires, notamment dans le programme Medicaid. Cependant, la simple perspective de cet impôt sur la fortune aux États-Unis en Californie a déclenché une course contre la montre pour les conseillers fiscaux de la région.

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Une opposition politique et économique marquée

Paradoxalement, cette mesure est loin de faire l'unanimité au sommet de l'État. Le gouverneur démocrate Gavin Newsom s'est lui-même opposé à ce projet, craignant les retombées négatives sur l'attractivité économique de la région. Selon Le Revenu, le risque est de voir s'effondrer la base fiscale de l'État, qui dépend de manière disproportionnée des revenus de ses résidents les plus riches. Les détracteurs soulignent que les conséquences de la taxe sur la fortune en Californie pourraient être inverses à l'effet recherché : en faisant fuir les capitaux, l'État se priverait de recettes fiscales durables.

De plus, la constitutionnalité de la mesure est déjà remise en cause. Des experts juridiques cités par Forbes anticipent une bataille judiciaire « longue et coûteuse ». Le cœur du problème juridique réside précisément dans la rétroactivité de la taxe sur les milliardaires 2026, un mécanisme souvent contesté devant les tribunaux américains lorsqu'il s'agit de fiscalité sur le patrimoine.

Des mouvements de capitaux massifs vers d'autres États

L'impact ne se limite pas à des débats théoriques ; il se traduit déjà par des déménagements concrets vers des cieux fiscalement plus cléments comme la Floride ou le Texas. Le capital-risqueur Chamath Palihapitiya a jeté un pavé dans la mare en affirmant avoir connaissance de départs représentant une fortune cumulée de 500 milliards de dollars. Ces mouvements impliquent souvent un transfert d'actifs hors de Californie pour éviter les impôts, orchestré dans l'urgence avant la fin de l'année 2025.

Des figures emblématiques de la Tech, à l'image du cofondateur de Google Larry Page ou de l'investisseur Peter Thiel, sont régulièrement citées par Investment News parmi ceux qui organisent leur patrimoine pour échapper à ce filet fiscal. Si cette tendance se confirme, la Californie pourrait voir son écosystème d'innovation se fragiliser, illustrant la difficulté d'équilibrer justice fiscale et compétitivité économique.

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