Travail : même cette prime au mérite sera désormais taxée !

Publié par Matthieu Chauvin
le 05/03/2026
Médaille du travail
abacapress
ANDBZ/ABACA
Dès 2026, la prime de la médaille d'honneur du travail perd son statut de niche fiscale intouchable. Jusqu'ici exonérée, cette gratification sera soumise à l'impôt sur le revenu suite à la nouvelle Loi de finances.

Ce samedi, l'administration fiscale a annoncé un coup de massue pour les employés qui s'apprêtaient à célébrer leurs nombreuses années de carrière. Créée en 1886, la médaille d'honneur du travail récompensait depuis plus d'un siècle une loyauté indéfectible par une petite cérémonie de bureau et une enveloppe nette de charges. Ce geste de reconnaissance, jadis épargné par le fisc, suscite la convoitise du gouvernement, ont découvert nos confrères de L'Internaute.

Un séisme budgétaire inattendu

Avant cette réforme, la gratification financière versée lors de la remise de cette décoration versée au bon vouloir de l'employeur ou dans le cadre de la convention collective (mais pas imposée par le Code du travail), bénéficiait d'une exonération d'impôt sur le revenu. La condition imposait que la somme ne dépasse pas le montant d'un mois de salaire (elle peut aller de 350 à trois mois de salaires, rapporte le média). La nouvelle Loi de finances gomme cet avantage historique. À l'horizon 2026, l'entreprise versera un simple complément de rémunération classique, amputé des avantages d'antan. 

Le rapport préliminaire de la Commission des Finances sur le projet de Loi de finances 2026 avance son argumentaire : "Rationaliser les niches fiscales afin d'assurer une plus grande équité entre les différentes formes de rémunération des salariés."

La chute brutale du pouvoir d'achat

Le fisc considère désormais cette gratification comme un revenu imposable. Le prélèvement à la source frappe au moment du versement selon le taux personnalisé du foyer fiscal. Pour un collaborateur moyen soumis à une tranche marginale d'imposition de 30 %, une récompense initiale de 1 500 euros perd 450 euros avant même d'arriver sur le compte bancaire. Les autorités envisagent un alignement des cotisations sociales sur ce type de versement. Le montant net perçu fond à vue d'œil. Il existe quatre classes de décoration : 

  • la médaille d'argent après 20 ans de carrière dans la même entreprise ;
  • la médaille vermeil après 30 ans de carrière dans la même entreprise ;
  • la médaille d'or après 35 ans de carrière dans la même entreprise ;
  • la médaille grand or après 40 ans de carrière dans la même entreprise.

La fronde syndicale s'organise

L'État chasse la moindre niche pour réduire le déficit public. Les pouvoirs publics espèrent récupérer plusieurs dizaines de millions d'euros sur la seule fidélité des salariés. Les représentants du personnel crient à la trahison. "Taxer la médaille du travail, c'est s'attaquer au dernier symbole de la reconnaissance du temps long dans un monde professionnel de plus en plus volatile", s'insurge un délégué syndical national interrogé par Le Parisien. Les dirigeants de petites structures craignent de perdre un levier de motivation et un outil fédérateur.

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Vers de nouvelles récompenses d'entreprise

La fiscalité alourdie risque de provoquer la désertion des salariés, peu enclins à monter un dossier administratif en préfecture pour une somme rognée. Les directions des ressources humaines cherchent la parade. Les sociétés explorent le passage par des avantages en nature ou musclent l'épargne salariale, dont le régime reste attractif. La pression sociale monte. Quelques observateurs murmurent l'idée d'un abattement forfaitaire spécifique pour sauver la récompense des plus petits salaires.

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