Immobilier : pourquoi 2026 pourrait marquer un tournant décisif
Les indicateurs virent enfin au vert pour la pierre française. Après une période de correction sévère, l'activité reprend des couleurs en cette fin d'année, portée par une stabilisation des conditions de financement. Si les niveaux records d'avant-crise ne sont pas encore atteints, la dynamique est clairement enclenchée pour les mois à venir. Planet fait le point sur ce nouveau cycle qui s'ouvre.
Un volume de ventes en net rebond
Le constat est sans appel : les acheteurs sont de retour. Selon les dernières données des Notaires de France, le volume de transactions a atteint 921 000 actes signés sur douze mois à la fin du troisième trimestre 2025. Cela représente une augmentation significative de près de 11 % par rapport à l'année précédente. Pour l'ensemble de l'exercice 2025, le marché devrait atterrir autour de 925 000 ventes, bien loin des 750 000 transactions estimées en 2024.
Cette dynamique positive laisse entrevoir des prévisions pour le marché immobilier français en 2026 particulièrement encourageantes. Les analystes de SeLoger et Meilleurs Agents tablent désormais sur un objectif de 980 000 ventes pour l'année prochaine. Toutefois, la prudence reste de mise. Priscille Caignault, du Conseil supérieur du notariat, rappelle que cet optimisme doit être « mesuré au regard des incertitudes politiques, économiques et géopolitiques » qui pourraient encore fragiliser cette reprise.
Des taux stabilisés mais des prix qui remontent
Ce regain d'activité s'explique en grande partie par la fin de la volatilité des crédits. Si vous avez un projet d'acquisition, sachez que l'évolution des taux d'intérêt immobilier sur 20 ans s'est stabilisée autour de 3,25 % en ce début d'année 2026, d'après Meilleurtaux. La baisse tant attendue semble terminée, la Banque Centrale Européenne et les banques cherchant désormais à reconstituer leurs marges. Un scénario de légère remontée, portant les taux vers 3,40 % en fin d'année, est même envisagé.
Paradoxalement, ce retour des acheteurs met fin à la baisse des prix. Après la correction de 2024, la valeur de la pierre repart à la hausse au niveau national. Les notaires observent déjà une progression de +1,3 % pour les appartements anciens. Il faut donc bien mesurer les conséquences de la stabilisation des taux pour l'achat : si le financement est plus lisible, le coût du bien, lui, recommence à grimper, avec une hausse annuelle proche de 2 % attendue pour les appartements.
Un pouvoir d'achat en hausse malgré les disparités
La reprise ne se fait pas de manière uniforme sur le territoire. Si le pouvoir d'achat immobilier des ménages a grimpé de 4 % sur un an, les tensions reviennent dans les grandes métropoles. Il est intéressant de comparer les prix de l'immobilier à Paris et Lyon fin 2025 : la capitale voit ses prix se stabiliser autour de 9 540 €/m², voire progresser légèrement, tandis que Lyon affiche une hausse de +2,5 %. Bordeaux se distingue également avec un bond de +3,6 %.
Pour les locataires, la situation reste complexe. Le marché locatif demeure saturé, le point d'équilibre pour rentabiliser un achat s'établissant encore à plus de 12 ans. Une lueur d'espoir réside peut-être dans la timide reprise du marché immobilier neuf en 2026, qui pourrait à terme détendre l'offre de logements disponibles, bien que cela prenne du temps à se concrétiser.