Cédric Jubillar "vire" les deux avocats qui l'ont défendu depuis le début

Publié par Matthieu Chauvin
le 21/01/2026
Avocats de Cédric Jubillar
abacapress
© Alexandre Arnaud/ABACA
Moins de trois mois après sa condamnation, Cédric Jubillar se sépare de ses conseils historiques, maîtres Emmanuelle Franck et Alexandre Martin, qui l'ont toujours défendu avec acharnement, pour confier sa défense à maître Pierre Debuisson, un ténor du barreau toulousain prêt à contester la procédure. Une stratégie de la dernière chance ?
 

Le verdict était tombé comme un couperet le 17 octobre 2025 : 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine. Mais Cédric Jubillar, qui a toujours clamé son innocence, ne compte pas en rester là. Dans un revirement inattendu révélé le 20 janvier, le peintre-plaquiste a décidé de remercier ses avocats emblématiques, maîtres Alexandre Martin et Emmanuelle Franck, pour s'offrir les services d'un nouveau défenseur, révèle Le Nouveau Détective. Ce changement de cap intervient alors que l'organisation du second procès se précise.

Un revirement stratégique avec un ténor des dossiers sensibles

Ce changement d'avocat pour son procès en appel marque une rupture nette avec la ligne de défense tenue depuis le début de l'instruction. Pour succéder à ses conseils historiques, l'accusé a choisi maître Pierre Debuisson. Ce pénaliste, inscrit aux barreaux de Toulouse et de Paris, est une figure médiatique bien connue pour son implication dans des dossiers à fort retentissement sanitaire et social.

Le choix peut surprendre, car le public identifie souvent maître Pierre Debuisson comme spécialiste en actions collectives, notamment pour avoir défendu les victimes dans le scandale des pizzas Buitoni ou l'affaire du Levothyrox. Pourtant, c'est précisément cette combativité et ce regard neuf que Cédric Jubillar semble rechercher. Selon les informations rapportées par Le Parisien, l'accusé souhaitait une approche différente pour tenter d'obtenir l'acquittement lors de ce second round judiciaire.

Traquer la faille procédurale avant le fond

L'arrivée de ce nouveau conseil signale la mise en place d'une nouvelle stratégie de défense. Là où la première équipe s'était évertuée à démontrer l'absence de preuves matérielles tangibles, maître Debuisson semble vouloir porter le fer sur le terrain du droit pur et dur. Dans une déclaration à l'AFP, l'avocat a confirmé avoir accepté la mission en précisant son intention : "Il faut vérifier que toutes les règles ont été respectées."

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Sa priorité sera donc de vérifier la régularité de la procédure, en scrutant le dossier d'instruction pour y déceler d'éventuels vices de forme ou des manquements légaux susceptibles d'affaiblir l'accusation. Cette méthode, souvent qualifiée de "défense de rupture", vise à casser la dynamique qui a conduit à la condamnation en première instance. Comme l'analyse Le Nouveau Détective, ce changement indique que l'accusé veut sortir de l'émotion pour revenir à une analyse technique du dossier.

Un calendrier serré et un jury élargi pour l'ultime verdict

Le temps presse pour la nouvelle défense. La loi impose que l'appel soit jugé dans un délai raisonnable, et le nouveau procès devrait se tenir d'ici la fin de l'année. Concernant la date et le jury du procès, les règles changent la donne et augmentent l'incertitude. Contrairement à la première instance où six jurés siégeaient, la cour d'assises d'appel sera composée de neuf jurés populaires et trois magistrats professionnels.

Pour obtenir un acquittement ou une peine plus clémente, maître Debuisson devra convaincre une majorité renforcée. L'enjeu est colossal : la cour d'appel a le pouvoir de confirmer la peine, de l'alléger, mais aussi de l'alourdir jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité. Comme le rappelle Sud Radio, c'est la carte de la dernière chance pour Cédric Jubillar, qui joue ici son avenir judiciaire définitif.

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