Procès Pilarski : Christophe Ellul reconnaît l'implication de son chien Curtis
Depuis le début de cette affaire dramatique, le prévenu maintenait fermement la thèse d'une attaque par des chiens de la chasse à courre. Le procès de la mort d'Elisa Pilarski, tuée en forêt de Retz alors qu'elle était enceinte, se tient du 3 au 5 mars 2026 et vient pourtant de basculer définitivement.
Un aveu inattendu au deuxième jour du procès
Le revirement est total pour la défense. Après avoir fermement nié les faits depuis le drame, le prévenu a finalement cédé à la barre du tribunal correctionnel de Soissons. Face aux clichés saisissants des blessures mortelles infligées à sa compagne, l'homme a fondu en larmes, incapable de soutenir plus longtemps sa version initiale. « Je ne vais pas aller plus loin, aujourd’hui, je pense qu’on m’a donné les preuves que c’est Curtis », répond avec émotion Christophe Ellul, rapporte Sud Ouest. « J’en peux plus ».
Cette déclaration marque un tournant majeur dans ces audiences sous haute tension. Elle balaie d'un revers de main l'hypothèse d'une implication de la meute de vénerie qui passait à proximité des lieux. "Les mensurations [des morsures] parlent d'elles-mêmes apparemment. Aujourd'hui, oui, je l'accepte et je le crois", a précisé le maître de l'animal en pleurs, rapporte La Montagne.
L'effondrement de la défense face aux preuves
L'analyse méticuleuse des traces de morsures a scellé le sort de la stratégie de déni. Selon le compte-rendu paru le 4 mars 2026, l'écartement des mâchoires retrouvé sur le corps correspond parfaitement à l'anatomie de Curtis, excluant mathématiquement l'intervention des chiens de chasse. De plus, les expertises vétérinaires poussées, dévoilées par la chaîne BFMTV, confirment que seul l'ADN de ce canidé spécifique se trouvait sur certaines plaies du cuir chevelu de la jeune femme.
À ces éléments scientifiques implacables s'ajoute le passé comportemental très complexe de l'animal. Libération rappelle ce 4 mars 2026 que le chien avait déjà attaqué son propre maître par le passé, ainsi qu'une bénévole d'un refuge peu après la tragédie. "Un chien, ça ne mord pas jusqu'au moment où ça mord. Et c'est aussi à l'être humain de s'entourer de garanties pour se protéger", a tenu à souligner la présidente du tribunal, citée par Libération. Le statut même de l'animal pose un problème juridique lourd car il s'agit d'un American Pitbull Terrier, une race de catégorie 1, importé illégalement depuis les Pays-Bas.
Des suites judiciaires lourdes pour le propriétaire
Christophe Ellul comparaît aujourd'hui pour le chef d'homicide involontaire par imprudence consciente. La gravité des manquements reprochés expose l'homme à des sanctions sévères. Il encourt une peine maximale s'élevant à dix ans d'emprisonnement ferme et 150 000 euros d'amende, précise le magazine.
Outre la condamnation du propriétaire, se pose inévitablement la question du devenir de Curtis. Le chien, actuellement placé sous surveillance stricte dans un chenil spécialisé, risque l'euthanasie. Du côté des parties civiles, cette reconnaissance tardive apporte un soulagement mesuré. La mère d'Elisa Pilarski accueille cet aveu inespéré comme une étape nécessaire vers l'établissement définitif de la vérité, espérant ainsi clore ce douloureux chapitre judiciaire.
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