« Il ne nous avait pas tout dit » : la mère d’Elisa Pilarski témoigne au procès de Christophe Ellul

Publié par Sarah Martin
le 04/03/2026
Au procès de Christophe Ellul, la mère d’Elisa Pilarski met en cause ses déclarations
Istock
Mardi 3 mars 2026 s’est ouvert le procès de Christophe Ellul, poursuivi pour « homicide involontaire par agression d’un chien ». Son animal, Curtis, est soupçonné d’avoir mortellement attaqué sa compagne, Elisa Pilarski, qui était enceinte au moment des faits.

Plus de six ans après la mort tragique d'Elisa Pilarski en forêt de Retz, le tribunal correctionnel de Soissons examine enfin ce dossier sensible. Depuis ce mardi 3 mars 2026, Christophe Ellul doit répondre d'homicide involontaire face aux juges. Si l'émotion est palpable dans la salle d'audience, ce sont les révélations sur la personnalité trouble du prévenu qui marquent ce début de procès.

« On s’est rendu compte que Christophe ne nous avait pas tout dit »

Le procès s'est ouvert dans une atmosphère particulièrement lourde. Nathalie Pilarski, la mère d'Elisa, a pris la parole pour exprimer sa douleur insondable face à la perte de sa fille, survenue le 16 novembre 2019. Mais au-delà du chagrin, c'est un sentiment de trahison qui domine désormais son témoignage face à l'homme qui partageait la vie de son enfant.

La partie civile décrit la découverte brutale d'une réalité bien éloignée de celle affichée par le couple à l'époque des faits. Citée par Femme Actuelle ce mardi, Nathalie Pilarski a confié à la cour : « On s’est rendu compte que Christophe ne nous avait pas tout dit ». Cette déclaration scelle la rupture entre la famille et Christophe Ellul. Longtemps unis dans la défense de la mémoire d'Elisa face à la médiatisation de l'affaire, les proches se disent aujourd'hui face à un inconnu dont ils ignoraient les multiples secrets.

Des dissimulations et un animal dangereux

Les débats ont rapidement mis en lumière les zones d'ombre de la vie privée de l'accusé. Selon les informations rapportées par BFMTV, Christophe Ellul avait bâti sa relation sur des mensonges. Il se rajeunissait notamment de dix ans auprès d'Elisa Pilarski, prétendant avoir 36 ans alors qu'il en avait 46 au moment du drame. Plus troublant encore pour les parties civiles, il avait caché son passé d'homme marié ainsi que l'existence de sa fille, âgée de 14 ans à l'époque.

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Le cœur du dossier reste toutefois le rôle de Curtis et la gestion des animaux par le couple. L'enquête a confirmé que ce chien, un Pitbull terrier importé illégalement des Pays-Bas, avait été entraîné au « mordant », une pratique strictement interdite pour les particuliers en dehors des structures agréées. Malgré les dénégations constantes de l'accusé, qui a longtemps pointé du doigt les chiens d'une chasse à courre voisine, les expertises vétérinaires sont formelles : elles désignent Curtis comme l'unique responsable des morsures fatales.

Vers une lourde responsabilité pénale

L'issue de ce procès repose sur la qualification précise des faits. Christophe Ellul est poursuivi sur la base de l'article 221-6-1 du Code pénal pour homicide involontaire par agression d'un chien. La justice lui reproche d'avoir laissé sa compagne, alors enceinte, seule avec un animal dont la dangerosité et l'illégalité étaient connues de lui seul.

Cette affaire rappelle que la détention de tels animaux impose des devoirs légaux stricts, dont la violation peut conduire à des conséquences dramatiques. Le verdict, attendu à l'issue de plusieurs jours d'audience, doit apporter une réponse judiciaire définitive à la famille Pilarski, après plus de six ans d'attente et de polémiques.

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