Affaire Morandini : Sonia Mabrouk quitte CNews pour rebondir sur le service public
La séquence a été aussi brève qu’explosive : un malaise palpable en direct, suivi d’une disparition immédiate des écrans. En janvier 2026, la condamnation définitive de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs a provoqué un véritable séisme éthique au sein de CNews, plaçant Sonia Mabrouk au centre d'une crise de conscience inédite. Alors que beaucoup prédisaient une fin de carrière abrupte au sein du groupe Bolloré, la journaliste semble rebondir avec une célérité déconcertante vers l'audiovisuel public. Ce passage éclair du secteur privé au service public dépasse la simple opportunité de carrière : il s'apparente à une réponse stratégique de France Télévisions.
CNews : les circonstances exactes d'une "sanction déguisée"
Tout commence par une interpellation directe. Alors que la Cour de cassation vient de rendre définitive la condamnation de Jean-Marc Morandini, le député Jérôme Guedj confronte la journaliste sur le maintien de l'animateur lors d'un direct. Visiblement émue, Sonia Mabrouk fend l'armure : "C'est une décision qui ne m'appartient pas", lance-t-elle, avant d'ajouter qu'elle ne "cautionne pas cela". Cette prise de distance publique n'a pas été du goût de la direction.
Selon des sources internes, sa mise à l'écart de quinze jours, officiellement présentée comme une invitation "à prendre des vacances pour se reposer", ressemble à s'y méprendre à une mise à pied. Loin de se rétracter, la journaliste a maintenu sa position sur les réseaux sociaux, assurant ne pas changer "une virgule à ce que j'ai dit sous le coup de l'émotion", précisant que "le cœur et la raison ont parlé. Cette déclaration me sert de boussole". Une déloyauté affichée envers un groupe qui "assume complètement" sa ligne, transformant l'incident en rupture.
France Télévisions : un accueil rapide et stratégique pour une figure du débat
Le silence radio sur le canal 16 n'aura pas duré longtemps. Selon plusieurs médias, Sonia Mabrouk est pressentie pour intégrer une nouvelle émission politique de France Télévisions en tant que chroniqueuse. Le service public semble vouloir miser sur sa réputation d'intervieweuse pugnace, capable de bousculer des personnalités de tous bords, y compris à l'extrême droite.
Ce recrutement ne doit rien au hasard. Connue pour sa ligne très ferme sur les questions d'immigration et de sécurité, souvent associée à l'idéologie conservatrice de CNews, elle représente un atout idéologique pour Delphine Ernotte. Intégrer une telle voix permettrait de répondre aux critiques récurrentes sur un supposé manque de pluralisme de l'antenne publique, souvent taxée d'être trop ancrée à gauche par ses détracteurs.
L'enjeu politique du service public : renvoyer un signal fort à Bolloré
Cette manœuvre revêt une dimension hautement symbolique. En récupérant une figure de CNews partie pour des raisons morales et déontologiques, France Télévisions se pose en gardien de l'éthique journalistique, marquant sa différence avec la gestion de crise du groupe Bolloré. C'est aussi une façon de signifier que le service public reste une terre d'accueil pour les journalistes "libres".
Reste à savoir comment s'opérera la greffe. Sonia Mabrouk devra s'adapter à une culture d'entreprise régie par un cahier des charges strict en matière d'impartialité. Les téléspectateurs guetteront si elle conserve son ton incisif ou si elle adoptera une posture plus "institutionnelle", nécessaire pour se fondre dans le paysage de France TV où la neutralité est érigée en dogme.
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