Affaire Morandini : Sonia Mabrouk choquée par son maintien à l'antenne de Cnews

Publié par Matthieu Chauvin
le 20/01/2026
Sonia Mabrouk
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Figure emblématique de Cnews, Sonia Mabrouk a livré un témoignage poignant après le maintien à l'antenne de Jean-Marc Morandini, définitivement condamné pour corruption de mineurs. Révélant son profond conflit éthique, la journaliste met en lumière le dilemme moral inédit qui secoue la chaîne d'information.

C'est un moment de télévision d'une rare intensité qui s'est joué sur le plateau de Cnews, loin des clashs habituels ou des débats orchestrés. Dans une séquence qui fera date, Sonia Mabrouk, visage incontournable de la chaîne, a laissé tomber le masque de l'impassibilité journalistique pour révéler une faille personnelle. 

Interpellée en direct par le député Jérôme Guedj, la journaliste a transformé une interview politique en une confession intime, exposant au grand jour les tourments qui agitent la rédaction. Au cœur de la tempête se trouvent la condamnation définitive de Morandini et la décision de CNews de ne pas en tenir compte, créant une onde de choc au sein même du groupe Canal+.

Dans un paysage médiatique où la solidarité de façade est souvent la règle, cette prise de parole dissonante marque une rupture. Elle témoigne d'une tension palpable entre la fidélité à une hiérarchie et la conscience individuelle face à des faits de justice d'une extrême gravité.

Comment Sonia Mabrouk a-t-elle exprimé son désarroi ?

Alors que Sonia Mabrouk interrogeait Jérôme Guedj sur l'actualité politique ce mardi 20 janvier 2026, l'élu a retourné le miroir vers son interlocutrice, la questionnant sur sa capacité à travailler aux côtés d'un collègue condamné définitivement par la justice. Loin de botter en touche, la journaliste a choisi la franchise, illustrant parfaitement son malaise suite au maintien de Jean-Marc Morandini sur la grille des programmes.

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Avec une émotion visible, elle a livré une réponse sans fard : "Je parle en mon nom ce matin je n'avais pas prévu que vous alliez me solliciter. Votre question est légitime, j'avoue que je n'en dors pas depuis plusieurs jours", a-t-elle déclaré en direct. Si Sonia Mabrouk réaffirme son respect pour sa hiérarchie, elle trace une ligne rouge morale infranchissable : "En aucun cas ça ne vaut de cautionner cela, en aucun cas c'est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d'une gravité réelle", précise-t-elle face au député. "Je pense ce matin, comme vous et avec vous, aux victimes quelles qu'elles soient, et aux victimes les plus jeunes, je pense aux mineurs" a-t-elle ajouté.

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Pourquoi la chaîne maintient-elle l'animateur à l'antenne ?

Malgré le trouble exprimé par l'une de ses figures de proue, la direction du groupe reste inflexible. Le verdict est pourtant tombé : la Cour de cassation a confirmé la peine, rendant la culpabilité de l'animateur définitive. Cependant, pour expliquer la raison du maintien de Jean-Marc Morandini, l'état-major de la chaîne s'appuie sur une lecture strictement technique du droit.

Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France, a indiqué à la presse que cette décision est "assumée complètement." L'argumentaire de la défense repose sur le fait que la justice n'a pas interdit à l'animateur d'exercer son métier. "Il n'a pas été condamné pour ne plus exercer sa profession", a-t-il souligné le 15 janvier 2026. De plus, la chaîne met en avant un possible recours devant la Cour européenne de justice, une démarche qui, bien que n'étant pas suspensive, sert de bouclier rhétorique à la direction pour justifier le statu quo.

Le groupe Canal+ a-t-il trahi sa promesse de 2016 ?

Ce maintien à l'antenne passe d'autant plus mal qu'il contredit frontalement les engagements passés. Il y a dix ans, lors des premières révélations, la direction avait adopté une posture de fermeté. Aujourd'hui, les observateurs et les syndicats pointent du doigt cet engagement non tenu par Canal+ en cas de condamnation de Morandini, créant un sentiment de trahison en interne.

À l'époque, le groupe avait promis un licenciement sans indemnités si la justice tranchait en défaveur de l'animateur. Ce revirement total a provoqué la colère du syndicat autonome +Libres, qui réclame l'application de cette promesse oubliée. Le silence de la majorité des employés contraste désormais avec la prise de parole courageuse de Sonia Mabrouk, révélant un véritable conflit éthique à CNews après la décision de la direction. Entre protection des audiences et crédibilité morale, le fossé n'a jamais semblé aussi grand.

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