SNCF : la nouvelle classe interdite aux enfants choque le gouvernement

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/01/2026
Classe Optimum Plus SNCF
Autre
© SNCF
Le lancement de la nouvelle classe "Optimum Plus" sur la ligne TGV Paris-Lyon suscite une vive polémique en interdisant l'accès aux enfants de moins de 12 ans pour garantir le calme aux professionnels.

Destinée à une clientèle d'affaires en quête de tranquillité, cette nouvelle option tarifaire a immédiatement fait réagir la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry. Alors que la tendance du "no kids" gagne du terrain dans plusieurs secteurs privés comme l'hôtellerie, son application au sein d'un service public ferroviaire soulève de nombreuses questions sur la place accordée aux familles.

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Un confort exclusif réservé aux voyageurs de plus de 12 ans

Depuis le 8 janvier 2026, les usagers de la ligne Paris-Lyon découvrent une nouvelle classe remplaçant l'ancienne Business Première. Baptisée "Optimum Plus", cette offre vise à séduire les professionnels avec un billet à prix fixe (entre 108 et 180 euros) et des services haut de gamme incluant un repas servi à la place. Mais une condition d'accès restrictive a mis le feu aux poudres : l'espace est strictement interdit aux enfants en bas âge.

La SNCF a clarifié sa position face au tollé initial : l'accès à cet espace de travail est réservé aux voyageurs de plus de 12 ans. Si vous espériez profiter de ce calme avec un bébé, ce ne sera pas possible, même en payant le prix fort. En revanche, et c'est là que réside l'un des points de friction majeurs, les animaux de compagnie sont acceptés à bord de ces voitures, comme le soulignent tous les médias, qui ont tous traité cette information tant elle divise Cette différence de traitement entre un chien en laisse et un enfant, alimente le sentiment d'injustice ressenti par de nombreux parents. 

Une discrimination jugée inacceptable pour un service public

La réaction politique ne s'est pas fait attendre. Sarah El Haïry est montée au créneau pour dénoncer ce qu'elle perçoit comme un signal désastreux envoyé aux familles. Dans les faits, l'exclusion des enfants de l'offre TGV Optimum Plus est vécue comme une stigmatisation. "Lorsqu'on donne le sentiment que le confort des adultes passe par l'absence d'enfants, c'est choquant", a-t-elle déclaré, estimant que "le 'no kids' n'est pas une option dans un service public."

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Cette prise de position intervient dans un contexte sociétal tendu où la natalité est en berne. Certaines voix s'élèvent même pour affirmer que dans le contexte actuel, où la mortalité et devenue plus importante que la natalité, cela participerait à décourager un peu plus ceux qui hésitent à faire des enfants ! La réaction de Sarah El Haïry met en lumière une inquiétude plus large : la banalisation des espaces interdits aux mineurs. Pour la haute-commissaire, citée par Le Figaro, voyager en famille "n'est pas un problème à corriger, mais une réalité à accompagner." Elle a d'ailleurs annoncé son intention de rencontrer Jean Castex, PDG du groupe, pour rappeler les obligations d'un service public en matière d'inclusion. 

Une réponse commerciale face à une concurrence accrue

De son côté, l'opérateur ferroviaire tente d'éteindre l'incendie en minimisant la portée de la mesure. La SNCF justifie cette décision par la nécessité de répondre à une demande forte de sa clientèle d'affaires, désireuse de travailler au calme face à la concurrence agressive de compagnies comme Trenitalia. L'entreprise rappelle que cette restriction ne concerne qu'une infime partie de l'offre globale : les voitures Optimum Plus ne représentent qu'environ 8 % des sièges d'un TGV Inoui.

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Par ailleurs, cette interdiction est limitée aux jours de semaine, du lundi au vendredi. Les places TGV réservées aux plus de 12 ans redeviennent accessibles à tous durant le week-end, période privilégiée pour les déplacements familiaux. L'opérateur insiste également sur le fait que 92 % des places restent ouvertes aux familles sans aucune restriction et que des services dédiés, comme l'espace famille ou l'offre Junior & Cie, continuent d'exister pour faciliter la vie des parents. Cette explication technique suffira-t-elle à apaiser le débat de fond sur la confrontation entre service public et tendance "no kids" ? Rien n'est moins sûr.

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