Apolline de Malherbe : sa confession déchirante sur le suicide de son meilleur ami d’enfance
Les confidences se font rares chez celle qui a l'habitude de cuisiner les politiques chaque matin. Visage incontournable de l'actualité sur RMC et BFM TV, Apolline de Malherbe a pourtant troqué son habituelle pugnacité pour une plume empreinte d'émotion et de gravité. Loin des plateaux de télévision parisiens, elle a brisé le silence sur une tragédie intime qui résonne avec une actualité brûlante : la disparition brutale de son ami Régis, éleveur en Auvergne.
Ce témoignage, livré dans les colonnes de La Tribune du dimanche, fin novembre 2025 dépasse le simple cadre du deuil personnel. Il révèle, selon ses propres mots, "la morsure du réel" qui frappe de plein fouet nos campagnes, transformant une douleur privée en un véritable cri d'alarme sociétal.
Qui était Régis, l'ami perdu ?
Pour comprendre l'ampleur du choc, il faut remonter aux étés insouciants de la journaliste. Apolline de Malherbe a passé une grande partie de sa jeunesse "au milieu des volcans d'Auvergne", chez ses grands-parents. C'est là, dans ce terroir rude et magnifique, qu'elle a tissé des liens indéfectibles avec Régis, son meilleur ami d'enfance. Ils avaient le même âge, à trois mois près. "On s'adorait, on attendait l'été pour se retrouver", confie-t-elle avec nostalgie dans sa tribune.
Régis n'était pas un enfant de la ville. Il était "fils et petit-fils d’éleveur de vaches laitières", ancré dans cette terre qu'il aimait tant. Mais le silence s'est imposé brutalement. La journaliste révèle avec pudeur que "Régis [...] s’était tué l’année précédente". Une nouvelle dévastatrice apprise lors d'un retour sur les lieux de leur jeunesse, transformant les souvenirs lumineux en une réalité sombre.
Pourquoi ce drame est-il "tragiquement banal" ?
Ce qui frappe dans cette confession intime sur le suicide d'un ami, c'est sa volonté de ne pas faire de ce décès un cas isolé. Elle décrit ce drame comme "une histoire tragiquement banale", pointant du doigt une hécatombe silencieuse. Les chiffres sont là pour étayer son propos et glacent le sang : il est établi que les agriculteurs de 15 à 65 ans ont un risque de se suicider 30 % supérieur aux autres catégories socioprofessionnelles.
Mais pourquoi ? Les analyses rapportées, notamment par Les Echos, évoquent une pression financière insoutenable couplée à une dimension patrimoniale écrasante. Ces hommes et ces femmes "masquent leurs difficultés", rongés par la honte de voir péricliter un héritage familial transmis depuis des générations. Le drame ne s'arrête d'ailleurs pas à l'acte lui-même. La journaliste raconte avec une infinie tristesse que le père de Régis, Alain, "a fini par rejoindre son fils" quelque temps plus tard, illustrant la réaction en chaîne de ces tragédies familiales.
Comment l'isolement tue-t-il nos campagnes ?
Au-delà de l'émotion, c'est une colère froide qui transparaît dans la tribune d'Apolline de Malherbe sur la détresse agricole. Son texte s'inscrit initialement dans une réflexion plus large sur l'abandon des territoires. Elle y dénonce l'isolement des territoires ruraux et adresse à la SNCF une critique acerbe concernant les choix d'infrastructures.
Elle pointe notamment du doigt la nouvelle ligne TGV Lyon-Bordeaux qui, selon elle, "contourne les régions rurales" comme l'Auvergne, accentuant le sentiment de relégation de ceux qui y vivent. Pour la journaliste, évoquer ces "paysages magnifiques de montagne" vidés de leurs services publics est indissociable du mal-être qui a emporté son ami. C'est ce mélange de beauté et de désespoir que l'on retrouve dans ses citations sur la "morsure du réel", rappelant que derrière les cartes postales, des vies se brisent dans l'indifférence générale.