Urgences saturées : des réquisitions de médecins vont-elles avoir lieu ?
La situation sanitaire se tend brusquement en ce début d'année. Alors que la grève des médecins libéraux, entamée le 5 janvier, doit durer une dizaine de jours, les conséquences se font déjà sentir de manière critique sur l'hôpital public. Face à l'afflux de patients ne trouvant pas de cabinet ouvert en ville, les structures d'urgence sont au bord de l'asphyxie.
Une saturation majeure et immédiate
L'alarme a été tirée officiellement ce mardi, rapporte Le Figaro. Le syndicat Samu Urgences de France (SUDF) décrit une situation "intenable" sur le terrain. L'organisation pointe du doigt une surcharge brutale des centres de régulation. En effet, la hausse des appels au 15 suite à la grève est spectaculaire, atteignant par endroits "30 % à 50 %" de volume supplémentaire par rapport à la normale, selon les chiffres donnés par nos confrères.
Cette "saturation majeure", terme employé par le syndicat dans son alerte ce 6 janvier, met en péril la capacité de réponse aux détresses vitales. Le SUDF réclame désormais l'activation "immédiate de mesures exceptionnelles" et plaide pour une modification réglementaire imposant une véritable obligation de continuité de service pour les praticiens libéraux.
Le communiqué ne dit pas autre chose : "Dans un système déjà fragilisé par l’épidémie de grippe, la pénurie de lits d’hospitalisation et les contraintes des fêtes de fin d’année, les conditions de travail au sein des SAMU-SAS et des services d’urgence soumis à une très forte tension sont devenues intenables [...] Les flux dépassent les capacités humaines, imposant l’activation immédiate de mesures exceptionnelles."
Un système asphyxié par trois facteurs
Si la grève est le déclencheur, l'hôpital subit une "tempête parfaite." D'abord, le mouvement social est particulièrement suivi. Les médecins contestent vivement certaines mesures de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qu'ils jugent coercitives pour leur liberté d'installation et d'exercice. Cette mobilisation massive entraîne la fermeture de nombreux cabinets, reportant mécaniquement les patients vers le service public.
Ensuite, le secteur privé lucratif semble se désengager temporairement. Le SUDF dénonce un "report systématique des urgences chirurgicales" de certaines cliniques vers l'hôpital public, aggravant les conséquences de la grève des médecins sur les urgences déjà bondées. Enfin, le contexte saisonnier est défavorable : les hôpitaux font face à une épidémie précoce depuis l'automne 2025.
La réponse ferme du gouvernement
Face au risque de chaos sanitaire, l'exécutif a décidé d'intervenir rapidement. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a confirmé la mise en place de mesures contraignantes pour assurer la permanence des soins. Bien que le droit de grève soit constitutionnel, la continuité du service public prime en cas de danger grave.
Ainsi, comme l'a indiqué Capital, Stéphanie Rist confirme des réquisitions de médecins libéraux dans "quelques endroits" où la couverture médicale n'était plus assurée. Ces décisions sont prises localement par les Agences Régionales de Santé (ARS), qui effectuent une veille quotidienne, département par département, pour identifier les zones de rupture.
Adopter les bons réflexes
Dans ce contexte tendu, il est crucial de ne pas encombrer inutilement les couloirs des hôpitaux. Vous vous demandez que faire si votre médecin est en grève et que vous avez besoin de soins ? La règle d'or est de ne pas vous déplacer directement aux urgences, sauf en cas de détresse vitale évidente.
Il est impératif d'appeler le 15 au préalable et encore, là aussi si c'est nécessaire car le SAMU est aussi n surchauffe. Le régulateur médical pourra évaluer la gravité de votre situation et vous orienter vers une maison médicale de garde, un service de consultation ouvert ou, si nécessaire, déclencher l'envoi d'une ambulance.