Fin de vie : premières réactions aux annonces de Macron, le calendrier parlementaire se précise

Publié par Matthieu Chauvin
le 02/01/2026
Soins palliatifs
Istock
En promettant d'aller "au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité" lors de ses vœux 2026 aux Français, Emmanuel Macron n'a pas suscité de fortes réactions.

Lors de son allocution du 31 décembre, le chef de l'État a confirmé son intention de finaliser la loi sur l'aide active à mourir, plaçant ce dossier parmi les trois priorités intérieures de l'année. Le point sur ce dossier brûlant qui va animer le début d'année parlementaire.

Une promesse sur la fin de vie qui fait peu réagir

Emmanuel Macron a été clair : il souhaite "aller au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité." Cette annonce, glissée entre la régulation des réseaux sociaux et le service national volontaire, vise à boucler un chantier initié depuis plusieurs années. Cependant, elles n'ont pas vraiment eu d'effet sur ceux qui y sont opposés. 

Au contraire, c'est l'ensemble du discours qui a suscité des réponses moqueuses à virulentes, dénonçant pour la plupart un manque de souffle ou une manœuvre de diversion. Cité par TV5 Monde, le politologue Bruno Cautès analyse ainsi : "Au bout de presque dix ans de pouvoir, un chef d'Etat qui nous annonce que les grands chantiers du pays, c’est interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une loi sur la fin de vie et le rétablissement sur une base volontaire du service national, ça semble sous-dimensionné." Il ajoute que ces voeux ont "une dimensions presque testamentaire."

Les soignants contre le texte

Le monde médical, et en particulier les spécialistes de l'accompagnement, avait vivement réagi en mai dernier. La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) s'était dite "insurgée" contre les propos présidentiels. Pour l'association, Emmanuel Macron "encourage la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté" au détriment du développement des soins palliatifs, créant une confusion délétère. Le débat parlementaire sur les soins palliatifs et l'aide à mourir risque donc de se dérouler dans un climat de défiance entre l'exécutif et les professionnels de santé, qui craignent une dérive éthique majeure.

Le Sénat sous pression dès le 7 janvier

Le gouvernement veut cependant aller vite, très vite. L'objectif affiché est de transmettre le texte à l'Assemblée nationale "dès le mois de février 2026" pour une adoption finale avant l'été. Pour tenir ces délais, le calendrier est déjà millimétré :

  • 7 janvier 2026 : début de l'examen du texte sur la fin de vie en Commission des affaires sociales ;
  • 20 janvier 2026 : ouverture de la discussion en séance publique dans l'hémicycle.

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Les sénateurs, majoritairement opposés à l'aide active à mourir dans sa forme actuelle, pourraient amender le texte en profondeur, promettant une navette parlementaire particulièrement houleuse.

L'opposition raille les voeux du président 

En attendant la reprise des débats, les opposants à Emmanuel Macon semblent s'être délectés des ses voeux présidentiels. Sur X (ex-Twitter), Bruno Retailleau a réagi sèchement : "Encore faudra-t-il pour cela ne pas sacrifier l'avenir au présent. Ce sera tout le défi des mois à venir. J'y prendrai toute ma part".

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Du côté du Rassemblement National, le député Jean-Philippe Tanguy fustige les "éternels mensonges" du chef de l'État, tandis que Jean-Luc Mélenchon (LFI) évoque un "président endormi" face à des promesses "déjà cent fois trahies." Mais au-delà des postures, c'est le calendrier législatif qui va dicter le tempo des prochaines semaines.

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