Vœux d'Emmanuel Macron : ce qu'il faut en retenir

Publié par Matthieu Chauvin
le 02/01/2026
Emmanuel Macron 2025
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© Firas Abdullah/ABACA
Ce mercredi 31 décembre 2025, Emmanuel Macron a présenté ses vœux aux Français en appelant à la cohésion nationale et en détaillant trois réformes majeures qui marqueront une année placée sous le signe de l'action.
 

Alors que l'incertitude parlementaire plane toujours sur l'Hexagone, le chef de l'État a profité de la traditionnelle allocution de la Saint-Sylvestre pour réaffirmer son autorité et fixer un cap précis. Loin de vouloir gérer les affaires courantes, Emmanuel Macron promet une année de transformation concrète. Mais sur le quotidien des Français, il ne ressort pas grand chose de ce discours.

Existe-t-il des années "inutiles" ?

Depuis l'Élysée, le Président a tenu à rassurer les Français. Dans un contexte politique ô combien fragile, il a martelé sa volonté de ne pas céder à l'immobilisme. "L'année 2026 sera une année utile, une année d'action. Je m'engage à travailler jusqu'à la dernière seconde de ce mandat", a-t-il déclaré lors de ses vœux du 31 décembre 2025. Cette prise de parole visait avant tout à conjurer les risques de blocage institutionnel.

En appelant au dépassement des clivages, le chef de l'État a souligné que l'unité nationale et l'instabilité politique en 2026 ne pouvaient coexister si la France voulait avancer sur ses réformes structurelles. Toutefois, le terme "d'année utile" a vite suscité la polémique : est-ce à dire que, pour Emmanuel Macron, il en existe d'inutiles ? C'est dans doute une maladresse, mais cela reste une drôle de façon de démarrer des voeux à ses compatriotes.

Un nouveau cadre pour la fin de vie

Parmi les dossiers évoqués, celui de l'accompagnement des malades en fin de vie arrive en tête de l'agenda. Après des mois de consultations et les travaux de la convention citoyenne, le nouveau projet de loi devrait être présenté dès le premier trimestre.

Ce texte très attendu vise à définir strictement les conditions d'accès à une aide active à mourir, tout en renforçant massivement l'offre de soins palliatifs. Pour les familles et les patients, il s'agit d'une évolution sociétale majeure qui touchera aux droits les plus intimes, celui de choisir sa fin de vie dans la dignité. Le Président a assuré que ce cadre légal serait équilibré, respectant à la fois la liberté de conscience des soignants et la volonté des malades.

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Généraliser l'engagement des jeunes

Le deuxième grand chantier concerne la jeunesse avec l'accélération du calendrier pour le lancement du Service national universel dans sa phase la plus concrète. Si l'expérimentation a déjà eu lieu, 2026 marquera un tournant vers sa généralisation.

L'objectif affiché est de renforcer la mixité sociale et les valeurs républicaines. Concrètement, cela signifie que des milliers de jeunes supplémentaires seront appelés à effectuer ce séjour de cohésion. Les modalités précises, notamment sur le caractère obligatoire et l'articulation avec le temps scolaire, devront être clarifiées par le gouvernement dans les semaines à venir pour permettre aux familles de s'organiser.

Sécuriser l'espace numérique

Enfin, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de protéger les citoyens, et en particulier les mineurs, face aux écrans. La régulation des réseaux sociaux ne se limitera pas à l'application des textes européens comme le DSA (Digital services acts). Le chef de l'État souhaite aller plus loin pour lutter contre le cyberharcèlement et la désinformation.

Il est question de responsabiliser davantage les plateformes sur les contenus qu'elles hébergent et de mettre en place des verrous numériques plus efficaces pour l'accès des plus jeunes. Ce chantier pourrait aboutir à de nouvelles obligations légales pour les géants du web opérant en France (les GAFAM). Une volonté dénoncée par des personnalités comme Elon Musk, propriétaire de X ou Pavel Durov, de la messagerie cryptée Telegram...

Un calendrier législatif chargé

Si l'on dresse le résumé des vœux du Président de la République pour 2026, le message est clair : l'exécutif veut occuper le terrain. Les trois priorités d'Emmanuel Macron pour 2026 — fin de vie, SNU et numérique — vont nécessiter un travail parlementaire intense dès la rentrée parlementaire le 5 janvier. Reste à savoir si la majorité relative parviendra à nouer les alliances nécessaires pour faire voter ces textes transformateurs.

Mais si les Français attendaient de grandes annonces concernant leur quotidien, il faudra attendre 2027, à quelques mois de la fin du mandat présidentiel.

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