Aide à mourir et soins palliatifs : les députés se penchent sur la fin de vie ce lundi
Le débat de la fin de vie refait surface. Ce lundi 16 février, les députés vont une nouvelle fois examiner deux propositions de loi à l’Assemblée nationale : l’une sur l’accès aux soins palliatifs et l’autre sur la création d’un droit à l’aide à mourir. Si le premier texte fait globalement consensus, le second plus délicat, suscite encore des remous dans la classe politique. Les discussions dans l’hémicycle débuteront ce soir à 21 h 30.
La création « d’un droit à l’aide à mourir », priorité d’Emmanuel Macron
Épineuse et clivante, la question de la création d’un droit à l’aide à mourir est l’une des priorités du Président de la République. Le locataire de l’Élysée a fait de cette réforme sociétale l’une des promesses de son deuxième quinquennat. « Nous irons, enfin, au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité, sujet sur lequel je m’étais engagé, devant vous en 2022 », avait expliqué Emmanuel Macron lors de ses vœux pour 2026, le 31 décembre dernier.
Objectif derrière la création de ce droit : « autoriser et accompagner » un malade qui souhaite s’administrer une substance létale, ou se la faire administrer par un médecin ou un infirmier, s’il n’est « pas physiquement » en mesure de le faire. Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale qui défend ardemment ce texte souhaite qu’il soit définitivement adopté avant l’été.
Adopté en mai dernier par les députés puis rejeté par le Sénat en janvier
Largement voté par les députés en mai dernier, le projet de loi sur la fin de vie avait été mis en suspens en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, puis rejeté fin janvier par le Sénat après des débats houleux et passionnés. En cas d’adoption, cette proposition de loi sur l’aide à mourir constituerait une avancée majeure sur le plan sociétal depuis l’instauration du mariage pour tous en 2012. La France rejoindrait le club restreint des pays ayant légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté, à l’instar des Pays-Bas, de la Belgique, de la Suisse et du Canada.
Un vote prévu le 24 février
Cette réforme sera débattue lors d’un vote prévu le 24 février. Si les députés doivent avoir le mot de la fin, la tâche s’annonce cependant ardue avec un long processus législatif pour que l’Assemblée nationale et le Sénat trouvent un terrain d’entente. Une seconde lecture est prévue au Palais Bourbon en avril.
L’un des éléments qui cristallisent actuellement les désaccords entre les députés est l’expression « aide à mourir », vivement critiquée par certains parlementaires. Ces derniers y voient un euphémisme réclamant ainsi l’utilisation des mots « euthanasie » et « suicide assisté ».
En commission, le député Modem Olivier Falorni a défendu son point de vue : le terme d’euthanasie « a été souillé par l’histoire, par l’usage qu’en a fait le régime nazi », et celui de suicide assisté « introduit une confusion » au regard du « combat que nous devons mener en faveur de la prévention du suicide ». Selon un récent sondage IFOP, 87 % des Français soutiennent la possibilité, pour les personnes en fin de vie, de choisir entre soins palliatifs et aide active à mourir. Une réforme sur « l’aide à mourir » est également à l’étude au Parlement britannique.