Mars attendra : Elon Musk mise tout sur une ville lunaire d'ici 10 ans

Publié par Stéphane Leduc
le 17/02/2026
Un plan large cinématographique d'une ville lunaire durable sous un vaste dôme de verre trempé et de
New Planet Media
Ce 9 février 2026, Elon Musk a annoncé un changement de cap radical pour SpaceX, reléguant la colonisation de Mars au second plan pour viser la construction d'une ville lunaire autonome en moins d'une décennie.

Le fondateur de SpaceX a choisi son réseau social X pour acter ce pivot majeur. Alors que la colonisation de Mars a longtemps constitué la raison d'être de l'entreprise, des impératifs de sécurité et de rentabilité imposent aujourd'hui une nouvelle feuille de route. Ce changement de paradigme, qui surprend par sa soudaineté, réaligne les ressources du géant aérospatial vers notre satellite naturel pour la prochaine décennie.

Le revirement stratégique : la Lune devient la nouvelle priorité absolue

Elon Musk a officialisé cette nouvelle doctrine le 9 février 2026. Sur la plateforme X, il affirme désormais que la construction d'une cité autonome sur la Lune est réalisable en « moins de 10 ans ». Cette déclaration tranche radicalement avec ses prises de position antérieures : il y a encore un an, le milliardaire qualifiait le projet lunaire de « distraction », plaidant pour une trajectoire directe vers la planète rouge.

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Conséquence immédiate de ce recentrage : le calendrier martien est bouleversé. L'ambition de bâtir une ville sur Mars ne débutera concrètement que dans « environ cinq à sept ans », rapporte Usbek & Rica. Ce délai remplace les plans initiaux qui espéraient lancer des missions sans équipage dès la fin de l'année 2026. Musk justifie ce choix en précisant : « À ceux qui ne sont pas au courant : SpaceX a déjà réorienté sa stratégie... car nous pouvons potentiellement y parvenir en moins de 10 ans, alors que Mars prendrait plus de 20 ans. »

Une conquête lunaire jugée plus rapide et plus sûre

Pour expliquer ce virement de bord, le patron de SpaceX avance des arguments pragmatiques liés à la mécanique céleste. Comme le souligne Ici Beyrouth, la fréquence des lancements joue massivement en faveur du satellite terrestre : un tir est possible « tous les 10 jours », contre une fenêtre de tir limitée à une fois « tous les 26 mois » pour Mars en raison de l'alignement orbital. La durée du trajet est tout aussi déterminante : atteindre la Lune ne requiert que 2 jours, contre 6 mois pour un voyage martien.

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La sécurité des futurs colons constitue un autre facteur déterminant. La proximité lunaire permettrait l'envoi d'une mission de secours en quelques jours seulement en cas d'incident critique, alors qu'une intervention sur Mars pourrait prendre jusqu'à un an. Enfin, la réalité économique s'impose. SpaceX est le pilier du programme Artemis de la NASA, fort d'un contrat de 4 milliards de dollars pour développer l'atterrisseur HLS. Ce recentrage s'aligne politiquement avec l'administration Trump, désireuse de voir des Américains fouler le sol lunaire avant 2028, note Telesatellite.

Un laboratoire idéal pour le Starship et l'intelligence artificielle

La Lune servira de banc d'essai accéléré pour fiabiliser le Starship. Cet environnement proche offre la possibilité de « tester, corriger et redéployer » les innovations technologiques bien plus rapidement qu'une mission lointaine ne le permettrait. Un objectif intermédiaire précis est d'ailleurs fixé : un atterrissage sans équipage est visé pour mars 2027, selon les informations relayées par la RTS.

Ce virage dissimule aussi une nouvelle ambition commerciale liée à la fusion récente entre SpaceX et xAI. Le projet vise à installer des centres de données d'intelligence artificielle en orbite ou sur la surface lunaire. D'après L'Express, la faible latence de communication avec la Terre, inférieure à deux secondes, est indispensable pour le pilotage et le débogage de ces supercalculateurs. Cette réactivité technique, impossible avec la distance martienne, valide le choix de la Lune comme nouvelle base logistique pour l'économie de demain.

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