Médecins en grève dans toute la France : pourquoi votre accès aux soins va être fortement perturbé
Le bras de fer est engagé. Depuis ce matin, les cabinets médicaux risquent de garder porte close dans toute la France pour une durée inédite de dix jours. Qualifié de "sans précédent" par les syndicats, ce mouvement de contestation s'annonce très suivi, avec une estimation de 85 % de mobilisation parmi les adhérents de la CSMF. Planet fait le point sur les perturbations et les clés pour comprendre cette crise sanitaire majeure.
La menace de réquisition brandie par le gouvernement
Face à l'ampleur du mouvement, l'exécutif a immédiatement réagi pour tenter de rassurer les patients. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a déclaré dimanche soir ne pas exclure des mesures coercitives pour maintenir la continuité du service public. "On peut également avoir recours aux réquisitions, en cas de besoin", a-t-elle prévenu, soulignant que la réquisition des médecins libéraux par le gouvernement reste un levier légal activable par les préfectures si la santé publique est menacée.
Cette déclaration intervient alors que l'ensemble des organisations syndicales représentatives (CSMF, FMF, Le Bloc) appellent à cesser le travail jusqu'au 15 janvier. Le point d'orgue de cette fronde sera une manifestation nationale prévue à Paris ce samedi 10 janvier, témoignant d'une rupture profonde entre la profession et l'État.
Un budget et des tarifs imposés qui ne passent pas
Au cœur de la colère des praticiens se trouve la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026, adoptée mi-décembre. Les revendications des médecins contre la LFSS 2026 se cristallisent autour d'un sentiment de mépris budgétaire et d'une perte d'autonomie. Ils dénoncent une revalorisation des soins de ville limitée à 0,9 %, un chiffre jugé dérisoire face aux 2,4 % accordés aux établissements hospitaliers.
Mais c'est surtout un point technique qui met le feu aux poudres : l'article 24 loi de financement Sécurité Sociale 2026. Ce texte offre à l'Assurance maladie la possibilité de baisser unilatéralement les tarifs des consultations si les dépenses sont jugées excessives, contournant ainsi les négociations conventionnelles. À cela s'ajoutent les critiques sur le Dossier Médical Partagé (DMP), perçu comme un outil inefficace et chronophage malgré les récentes décisions du Conseil constitutionnel.
Trois réflexes pour assurer votre suivi médical
La situation s'annonce critique pour les patients, d'autant que le secteur privé suit le mouvement. Selon la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), près de 80 % des blocs opératoires seront à l'arrêt dans les cliniques entre le 10 et le 14 janvier. Voici comment naviguer dans ce système de soins perturbé :
- Anticipez et vérifiez : L'accès aux soins pendant la grève des médecins étant fortement compromis, le premier réflexe est d'appeler systématiquement votre cabinet avant de vous déplacer, même pour un rendez-vous programmé de longue date.
- Gérez les urgences avec discernement : Les conséquences de la grève des médecins sur les urgences publiques risquent d'être lourdes, avec un report massif des patients vers l'hôpital. Pour ne pas saturer des services déjà sous tension hivernale, il est impératif d'appeler le 15 (SAMU) avant de vous rendre aux urgences pour tout problème non vital.
- Adaptez votre parcours : Vous vous demandez que faire en cas de grève de son médecin traitant pour un renouvellement d'ordonnance ? Si vous n'avez pas pu anticiper avant le 5 janvier, rapprochez-vous de votre pharmacien qui pourra, dans certains cadres stricts, vous orienter ou dépanner, ou contactez les associations de permanence de soins comme SOS Médecins, bien que ces dernières risquent également d'être débordées.