Privilèges des ex-Premiers ministres : Sébastien Lecornu siffle la fin de la récré

Publié par Matthieu Chauvin
le 01/01/2026
Sébastien Lecornu
abacapress
© Lafargue Raphaël/ABACA
Depuis le 1er janvier, même s'il faudra sans doute quelques jours pour que la décision prenne forme, les avantages matériels et sécuritaires accordés sans limite de temps aux anciens Premiers ministres et ministres de l'Intérieur seront supprimés. Sébastien Lecornu a prévenu les intéressés par courrier fin décembre. Il l'avait plus ou moins annoncé dès sa prise de fonction et a donc tenu parole.
 

C’est un coup d'arrêt à une tradition républicaine décriée depuis longtemps, encore plus depuis que la dette du pays explose. Sébastien Lecornu, dès sa prise de fonction, avait déclaré, rappelle Le Parisien : "On ne peut pas demander aux Français des efforts si ceux qui sont à la tête de l’État n’en font pas." 

Et peu avant le passage à 2026, il a tranché : l'État ne financera plus indéfiniment le train de vie de ses anciens hauts dignitaires. En l'occurrence, à quelques exceptions près, celui des anciens Premiers ministres mais aussi des anciens ministres de l'Intérieur. Que l'on soit d'accord ou pas avec cette décision, il faut lui reconnaître un certain courage, qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait eu jusqu'ici.

Sébastien Lecornu a tenu parole

L'annonce avait été faite par Sébastien Lecornu sur le réseau social X dès le mois de septembre mais on attendait toujours (notamment de savoir s'il allait rester en poste...). C'est donc désormais acté a révélé BFM TV, avec un objectif affiché très clair : envoyer un signal d'exemplarité alors que l'exécutif demande aux Français de serrer la ceinture, voire de payer toujours plus d'impôts, ce que décidera le budget 2026. 

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Jusqu'à présent, ces personnalités bénéficiaient d'un véhicule de fonction avec chauffeur et de moyens de secrétariat sans limite de durée. Depuis le 1er janvier, ces privilèges ne seront plus automatiques ni perpétuels. Les intéressés ont été prévenus par courrier individuel d'après les informations de nos confrères : 17 anciens Premiers ministres par Sébastien Lecornu et 17 anciens ministres de l'Intérieur par Laurent Nuñez

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Des moyens désormais limités dans le temps

Concrètement, ce que la réforme Lecornu change est drastique en matière de logistique. Le véhicule de fonction et le chauffeur, autrefois acquis à vie, ne seront désormais attribués que pour une durée de dix ans après le départ de leurs fonctions. Cette limite s'aligne sur celle déjà en vigueur pour le secrétariat particulier, qui cesse également au bout d'une décennie ou à l'âge de 67 ans.

Le volet sécuritaire subit lui aussi un sérieux coup de rabot. Concernant la protection policière et sa durée, la règle se durcit considérablement. La protection par le Service de la protection (SDLP) sera limitée à trois ans. Au-delà, elle ne sera renouvelée qu'après une analyse rigoureuse prouvant la "réalité du risque".

Cette "analyse de sécurité" a déjà été réalisée selon Le Parisien et des exceptions demeurent pour les personnalités sous menace avérée. Des figures comme Manuel Valls et Bernard Cazeneuve continueront ainsi de bénéficier d'une sécurité renforcée, justifiée par leur passif au cœur de la lutte antiterroriste, comme Christophe Castaner, qui était en poste pendant la crise des "Gilets jaunes." En revanche, "Jean-Marc Ayrault, Brice Hortefeux, Jean-Pierre Chevènement ou encore Bruno Le Roux devront reprendre une vie plus normale" écrit le quotidien.

Des agents redéployés contre le trafic

Cette économie d'environ 5 millions d'euros par an (coût estimé par un rapport parlementaire de 2019) s'accompagne d'une réorganisation stratégique. Le redéploiement des policiers affectés aux anciens Premiers ministres permettra de libérer des effectifs précieux. Ce sont ainsi 24 chauffeurs et 24 officiers de sécurité qui quitteront le service des personnalités pour retourner sur le terrain. Selon le gouvernement, ces agents seront prioritairement affectés à la lutte contre le narcotrafic, une mission jugée prioritaire face par l'exécutif. 

BFM TV précise : "Dans le détail, pour les anciens Premiers ministres, 11 officiers de sécurité (des policiers) sont libérés, ainsi que 11 conducteurs. Pour les anciens ministres de l'Intérieur, 13 officiers de sécurité sont libérés, de même que 13 conducteurs libérés."
 

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