Fin des privilèges : ce qui change pour les anciens Premiers ministres et ministres de l'Intérieur
Planet fait le point. Cette mesure, annoncée par Sébastien Lecornu en septembre 2025, vient de connaître sa première application concrète. Elle redéfinit drastiquement le train de vie des anciens hauts responsables de l'État en supprimant le caractère permanent de certains privilèges historiques jugés obsolètes.
48 postes supprimés dès le début de l'année
Le couperet est tombé pour les moyens alloués aux anciennes gloires de la République. Comme l'a rapporté Sud Ouest, l'entrée en vigueur de la réforme s'est traduite par la suppression immédiate de 48 postes affectés au service des ex-dignitaires. Concrètement, cela représente 24 chauffeurs avec véhicule et 24 officiers de sécurité qui ont été réaffectés à d'autres missions ou libérés de leurs fonctions auprès de ces personnalités.
Cette décision fait suite à des courriers individualisés envoyés par le ministère, actant la fin des avantages à vie des anciens ministres et Premiers ministres concernant le transport et la sécurité systématique. La répartition est équitable : 11 officiers et chauffeurs ont été retirés aux anciens chefs de gouvernement, et 13 aux anciens locataires de la place Beauvau.
Des délais de protection désormais limités
Désormais, le compteur tourne et les droits ne sont plus éternels. Pour la protection policière des anciens Premiers ministres, le délai est drastiquement restreint à 3 ans après le départ de Matignon. Ce délai est encore plus court pour les anciens ministres de l'Intérieur, qui ne bénéficient plus que de 2 ans de sécurité rapprochée après la cessation de leurs fonctions.
Concernant la mobilité, une limite de durée pour le véhicule d'un ancien Premier ministre (avec chauffeur) est fixée à 10 ans. Toutefois, l'État conserve une part de prudence : comme le souligne CNews, la protection peut être maintenue au-delà de ces délais en cas de menace avérée, mais seulement après une évaluation stricte par la Direction générale de la police nationale (DGPN).
Cette réforme impacte directement des figures politiques ayant quitté le pouvoir depuis longtemps, comme François Fillon, Jean-Pierre Raffarin ou Jean-Marc Ayrault. Certains vivent la transition difficilement : l'ancien ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant a ainsi évoqué un véritable "changement de vie", se retrouvant soudainement sans accompagnement.
Une économie de plusieurs millions d'euros
Au-delà du symbole politique fort, l'objectif est clairement financier dans un contexte de rationalisation des dépenses publiques. Selon des estimations de 2019 relayées par Le Figaro, les économies budgétaires sur les avantages des anciens ministres pourraient atteindre environ 4,4 millions d'euros par an. Ce montant comprend environ 1,5 million d'euros pour les chauffeurs et véhicules, et près de 2,8 millions pour la protection policière.
Sébastien Lecornu avait justifié ce décret sur les avantages à vie en affirmant sur X (anciennement Twitter) qu'il n'était "pas concevable" de bénéficier de moyens perpétuels pour des fonctions par nature temporaires. C'est un message de rigueur envoyé aux Français, redéfinissant les nouveaux privilèges des anciens ministres après le 1er janvier 2026 comme des droits transitoires et non plus comme une rente de situation.