Natalité : une aide unique de 250 euros par enfant pour remplacer les allocations ?
Ce mardi 11 février marque peut-être un tournant pour les familles. Les députés Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) et Constance de Pélichy (LIOT) ont présenté à l'Assemblée nationale une série de propositions ambitieuses. Leur rapport entend répondre à une crise démographique sans précédent en levant les obstacles économiques et matériels qui freinent les couples.
Une réponse au choc démographique
Le constat posé par les parlementaires est sans appel. Avec seulement 663 000 naissances enregistrées en 2024, soit la France touche un point bas inédit depuis la Seconde Guerre mondiale, confirment les chiffres de l'Insee. Ce décrochage souligne un écart grandissant entre le désir d'enfant, qui demeure fort, et la réalité des berceaux vides. Jérémie Patrier-Leitus insiste sur la nécessité de "permettre aux Français de réaliser leur désir d'enfant", souvent bloqué par l'incertitude économique ou les carrières professionnelles.
Pour inverser la courbe, le duo de députés théorise un "big bang" familial. Leur stratégie repose sur trois piliers indissociables : une refonte complète des aides financières via un versement unique, une révision des congés pour mieux articuler vie professionnelle et vie privée, et un investissement massif dans les infrastructures d'accueil.
Une aide universelle de 250 euros
La proposition la plus disruptive du rapport concerne le portefeuille : l'instauration d'un Versement Familial Universel (VFU). Ce dispositif prévoit d'allouerjusqu'à 250 euros par mois et par enfant, de la naissance jusqu'à la majorité (18 ou 20 ans). La grande nouveauté réside dans son caractère inconditionnel : tous les foyers, modestes ou aisés, toucheraient cette somme, marquant la fin de la modulation selon les revenus. Cet effort demanderait un budget supplémentaire estimé entre 5 et 10 milliards d'euros à l'État.
Cette mesure radicale vise la simplification. Le VFU a pour vocation de fusionner "une dizaine de prestations actuellement versées". Il remplacerait notamment les Allocations Familiales classiques (actuellement versées uniquement à partir du deuxième enfant) et l'essentiel des aides de la PAJE (Prestation d'accueil du jeune enfant), incluant la prime à la naissance et l'allocation de base. L'Allocation de Rentrée Scolaire (ARS) serait également absorbée. L'idée consiste à sortir de la complexité des seuils pour offrir une lisibilité immédiate aux parents.
Des congés et services repensés
Le rapport s'attaque aussi à l'organisation temporelle des foyers. Les députés recommandent la création d'un "congé parental unifié" d'une durée de douze mois. Contrairement au système actuel forfaitaire peu attractif, ce nouveau congé serait rémunéré proportionnellement au salaire du parent. Cette évolution espère encourager un partage plus équitable des tâches, renforcé par la proposition de rendre le congé paternité obligatoire pendant deux semaines dès la naissance.
Enfin, les rapporteurs appellent à un "Plan Marshall" pour les modes de garde. La priorité est de débloquer des financements pour multiplier les places en crèche et soutenir les assistantes maternelles. D'autres mesures fiscales et pratiques complètent ce tableau, comme un prêt à taux zéro à l'arrivée d'un enfant, des primes d'entreprise défiscalisées, ou encore l'instauration de quatre demi-journées d'absence rémunérées par an pour permettre aux parents et grands-parents d'assister aux événements scolaires importants.
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