Baisse historique de la natalité : "Si j'avais su", le cri d'alarme du gouvernement face aux vrais freins de la parentalité

Publié par Stéphane Leduc
le 05/02/2026
vue d'un bébé de 3 mois couché sur le ventre dans un lit. Il relève la tête et rit
New Planet Media
Face à la chute brutale des naissances en France, le gouvernement déploie un plan fertilité et un nouveau congé de naissance mieux indemnisé pour tenter de relancer la démographie.

L'année 2023 marque un tournant sombre pour la démographie hexagonale. Avec une chute significative de 6,6 % des naissances par rapport à l'année précédente, l'indicateur de fécondité s'effondre à 1,68 enfant par femme, un triste record inédit depuis 1946. Si le président Emmanuel Macron a évoqué la nécessité d'un « réarmement démographique », le paradoxe persiste : le désir de famille des Français reste intact. Selon l'Unaf, le nombre d'enfants "idéal" stagne à 2,3 par femme, preuve que le renoncement est subi et non choisi. Pour tenter de combler ce fossé entre rêve et réalité matérielle, l'exécutif mise sur deux annonces chocs : un plan de prévention contre l'infertilité et une refonte complète du congé parental. Mais ces outils suffiront-ils à lever des freins économiques bien plus lourds que la simple biologie ?

Plan fertilité : le mythe de l'âge et les confidences des experts

L'âge de la première maternité ne cesse de reculer en France, avoisinant désormais la barre des 29 ans. C'est précisément à cet âge charnière que le gouvernement enverra, dès 2026, un message de prévention et proposera un bilan de santé reproductive. L'intention affichée est d'« éviter de continuer à entendre "Si j'avais su" », comme le souligne Stéphanie Rist, ancienne ministre déléguée aux professions de santé. Les spécialistes rappellent que le "vieillissement ovarien" demeure la cause principale d'une infertilité souvent découverte tardivement par des femmes ayant repoussé leur projet.

Cependant, ce plan national ne se limite pas à pointer du doigt l'horloge biologique. Il intègre désormais une dimension environnementale, reconnaissant l'impact délétère des polluants. Les perturbateurs endocriniens, longtemps ignorés, sont ici ciblés pour leur rôle dans l'altération de la fertilité masculine et féminine.

Congé de naissance 2026 : détails de l'indemnisation et leçons du congé parental boudé

Pour transformer le désir d'enfant en réalité, le levier économique reste incontournable. Le nouveau "congé supplémentaire de naissance" entrera en vigueur au 1er juillet 2026. Il s'agit d'un droit supplémentaire qui ne remplace pas les congés maternité et paternité existants. La grande nouveauté réside dans son attractivité financière : chaque parent pourra s'arrêter un à deux mois, indemnisés à hauteur de 70 % du salaire net antérieur pour le premier mois et 60 % pour le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.

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Cette mesure vise à corriger l'échec historique du congé parental d'éducation (CPE). Ce dernier, plafonné à un maigre montant de 430 euros mensuels, était boudé par 99 % des pères et seulement pris par une minorité de mères, faute de sécurité financière. L'ambition est ici d'assurer une véritable conciliation vie pro-vie perso et de favoriser l'égalité au sein du couple.

Pourquoi les jeunes parents renoncent-ils au deuxième enfant : le coût de la vie et le logement

Malgré ces aides, le parcours du combattant perdure. Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) rappelle que l'accès à un emploi stable et à un logement « compatible avec l'arrivée d'un enfant » constitue un obstacle redoutable. Les jeunes parents citent fréquemment le coût de la vie et l'exiguïté de leur habitat comme facteurs décisifs de renoncement, particulièrement lorsqu'il s'agit d'envisager un deuxième ou troisième bébé.

Enfin, le système bute sur un verrou majeur : la garde d'enfants. Même avec un congé mieux payé, la pénurie de places en crèche et la difficulté d'accès aux assistantes maternelles agissent comme un goulot d'étranglement. Selon l'économiste Maxime Sbaihi, l'action publique doit impérativement se concentrer sur l'offre : « Au bout d'un an ou 2 ans, il faut que les enfants puissent avoir une place en crèche ». Sans cette garantie de garde, le retour à l'emploi devient une équation impossible pour de nombreux foyers.

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