L’initiateur du bouddhisme, le Bouddha, est un prince Hindou qui a vécu au cinquième ou sixième siècle avant Jésus-Christ. Pour le "petit peuple", le bouddhisme a toutes les caractéristiques d’une religion avec ses règles, ses rites, ses bonzes, ses croyances. Par contre, les "méditants chevronnés" dénient la croyance en un Dieu suprême.

Depuis quelques décennies, le bouddhisme a connu un essor prodigieux en Occident, notamment en France. On a déjà signalé, à plusieurs reprises, la richesse de l’émission du dimanche matin sur la 2, en général à 8 h. L’enthousiasme "juvénile" de certains de ses adeptes, tel Matthieu Ricard, est vivifiant.

Pour autant, la méditation bouddhiste, dont le premier but est de stimuler la compassion, psychologique et concrète, est-elle la panacée universelle pour améliorer la vie des terriens ? Au niveau collectif, rappelons d’abord quelques données historiques peu contestables. Avant l’invasion chinoise, le régime tibétain était régenté par les moines bouddhistes : pour autant, pour le "petit peuple", c’était l’un des états les plus sclérosés de la planète alors que le bouddhisme tibétain est d’un niveau spirituel exceptionnel. En Birmanie, le bouddhisme est très largement majoritaire : et pourtant, les traitements infligés aux Rohingyas sont considérés, par la plupart des démocraties occidentales, comme scandaleusement inhumains. Cela n’est pas surprenant : c’est le pape Urbain II qui a prêché la "première croisade".

Au niveau individuel, une certaine maîtrise de son cerveau est a priori une bonne règle de vie, mais, contrairement à ce que laissent entendre certains, le bouddhisme n’a pas l’apanage de la méditation : les prophètes d’Israël, les mystiques, chrétiens ou soufistes, étaient des "méditants chevronnés".

Est-ce que la méditation transcendantale met à l’abri de la dépression ? Il semble que non, mais on n’en parle peu alors qu’il y a une foule d’études sur le "désert spirituel" des grands mystiques.

La doctrine bouddhique insiste fortement sur le rôle déterminant du maître spirituel : ceci induit, de fait, le risque d’être manipulé par un gourou pervers et narcissique.

Une dernière remarque à laquelle je suis particulièrement sensible, compte tenu de mon propre cerveau peu enclin à l’attention pour elle-même et en perpétuel bouillonnement ; suite aux travaux de Scott Barry, Matthieu Ricard lui-même reconnaît que : "un état propice à la créativité semble incompatible avec l’attention focalisée" ; je médite chaque jour, mais sur un temps limité ; par contre, je crois que j’ai une faculté surdimensionnée de "concentration", pour étudier un problème de maths, ou pour jouer.