50% de la fortune, la part légale du fils unique : ce que dit le droit français sur l'accord Charrier-Fondation

Publié par Stéphane Leduc
le 05/02/2026
Brigitte Bardot
Autre
Face à l'obligation légale de léguer la moitié de sa fortune à son fils unique Nicolas Charrier, Brigitte Bardot a mis en place un montage financier complexe pour préserver sa Fondation.

Dès la création de sa structure en 1986, Brigitte Bardot a opéré un virage radical, vouant son existence et ses biens matériels à la protection animale. Si son testament désigne sans surprise sa Fondation comme légataire principale, la réalité du droit français impose des garde-fous stricts concernant la descendance. L'ancienne actrice et son organisation ont ainsi dû élaborer une stratégie minutieuse pour ne pas déshériter son fils unique, Nicolas Charrier, tout en préservant l'intégrité de son œuvre philanthropique.

Un trésor immobilier au cœur de la succession

Les chiffres donnent le vertige. Selon les estimations, le patrimoine de la star s'élèverait à environ 21 millions d'euros. L'essentiel de cette fortune réside dans la pierre, avec des biens immobiliers évalués à près de 16 millions d'euros, incluant la mythique La Madrague et sa seconde propriété, La Garrigue. Ces lieux ne sont pas de simples résidences, mais de véritables sanctuaires pour les animaux recueillis par la star.

La volonté de Brigitte Bardot est limpide : elle souhaite léguer la totalité de la « quotité disponible » — la part de l'héritage dont on peut disposer librement — à la Fondation Brigitte Bardot (FBB). Cet engagement remonte à 1973, date à laquelle elle a quitté les plateaux de cinéma. Pour financer ses premiers combats, elle n'avait pas hésité à vendre ses bijoux, ses robes et ses objets personnels, déclarant avoir « donné sa jeunesse et sa beauté aux hommes » et vouloir désormais donner « sa sagesse et son expérience aux animaux ».

Les droits incontournables de Nicolas Charrier

Malgré les dispositions testamentaires de l'icône, le Code civil français reste inflexible. En qualité d'enfant unique, né de son union avec Jacques Charrier, Nicolas est un héritier réservataire. La loi lui garantit automatiquement 50% du patrimoine net de sa mère au moment de la succession, une part intouchable appelée « réserve héréditaire ».

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Cette obligation légale a posé un véritable casse-tête logistique. Comment isoler la part financière revenant à Nicolas Charrier alors que la majeure partie de la fortune est immobilisée dans des propriétés indivisibles ? Une vente forcée de La Madrague ou de La Garrigue pour payer la part du fils aurait été un désastre pour la mission de la Fondation, contredisant le vœu le plus cher de l'actrice.

Un arrangement financier pour sauver La Garrigue

Pour éviter le démantèlement des sanctuaires, un accord sophistiqué a été négocié entre les parties. Selon les informations rapportées par Purepeople, une solution de compensation financière a été trouvée, notamment concernant le domaine de La Garrigue. Le montage prévoit le versement d'un « loyer important » par la Fondation à Nicolas Charrier.

Ce mécanisme permet à l'organisation de conserver la jouissance des lieux pour ses pensionnaires à quatre pattes, tout en dédommageant l'héritier pour sa part de propriété. Ce pacte permet également d'anticiper les lourds droits de succession qui pèsent sur les héritiers directs, contrairement aux fondations d'utilité publique qui bénéficient d'une fiscalité avantageuse. Cet accord assure la pérennité de l'action de BB sans léser financièrement sa descendance.

Une relation mère-fils finalement apaisée

Ce consensus autour du patrimoine marque l'épilogue d'une relation familiale longtemps tumultueuse. Les rapports entre la mère et le fils ont été marqués par un éloignement précoce et des mots durs. Dans son autobiographie Initiales B.B. parue en 1996, la star avait évoqué sa grossesse avec douleur, comparant la gestation à une tumeur, ce qui avait entraîné une plainte de son fils et de son ex-mari.

Brigitte Bardot avait confié à Point de Vue en 2020 : « J'ai associé la naissance de mon fils à ce traumatisme ». Aujourd'hui, le temps a fait son œuvre. L'acceptation de ce montage financier par Nicolas Charrier, qui mène une vie discrète en Norvège, témoigne d'un respect mutuel et d'une volonté de ne pas entraver le dernier grand projet de sa mère.

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