Brigitte Bardot : pourquoi son testament provoque déjà des remous ?
C'est une page de l'histoire de France qui vient de se tourner face à la Méditerranée. L'émotion suscitée par la disparition de l'icône le 28 décembre 2025 est immense, mais passé le temps du recueillement, les questions matérielles et juridiques reprennent leurs droits. Si l'actrice avait quitté les plateaux de cinéma depuis longtemps, elle n'avait jamais cessé de préparer sa sortie, réglant les moindres détails de son départ avec une précision quasi militaire.
Loin d'être une simple formalité, l'exécution de ses souhaits révèle des arbitrages tranchés qui pourraient bien créer des tensions. Entre protection animale et obligations familiales, décryptage d'une succession pas comme les autres.
Pourquoi ce refus des honneurs nationaux ?
Alors que la France entière aurait pu s'attendre à un hommage aux Invalides, l'actrice a balayé cette idée d'un revers de main. L'organisation des obsèques à Saint-Tropez a respecté à la lettre son désir de simplicité et de proximité avec la nature. Comme le rapportait Le Parisien, la cérémonie du 7 janvier 2026 s'est déroulée loin des ors de la République, privilégiant le cadre intime du cimetière marin.
Ce choix radical s'accompagne de détails surprenants qui signent sa personnalité. Ses dernières volontés incluaient par exemple l'interdiction formelle des roses, jugées trop sophistiquées, au profit de fleurs champêtres comme les marguerites. Plus strict encore, un arrêté préfectoral a interdit tout survol de drones durant la cérémonie. Selon Marie France, les contrevenants s'exposaient à une amende salée de 15 000 euros, une mesure destinée à préserver la solennité de ce moment face aux curieux.
Que va devenir la mythique Madrague ?
C'est la question que se posent tous les admirateurs de la star : quel sera le destin de sa célèbre propriété tropézienne ? Concernant l'héritage de La Madrague après la mort de BB, les jeux étaient faits depuis longtemps. L'actrice avait en effet anticipé sa succession en faisant don de la propriété à sa fondation dès les années 1990, n'en conservant que l'usufruit jusqu'à son dernier souffle.
La part de la Fondation Brigitte Bardot dans la succession est donc prépondérante. Reconnue d'utilité publique depuis 1986, l'organisation hérite de l'essentiel du patrimoine immobilier, y compris les résidences de Bazoches et de Savolles. L'objectif est clair : garantir la pérennité du combat pour la cause animale. D'après différentes sources, la valeur de La Madrague est estimée à plus de 30 millions d'euros, un capital qui servira désormais à financer les actions de protection des animaux, conformément à sa devise : "J'ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes, maintenant je donne ma sagesse et mon expérience aux animaux".
Son fils Nicolas peut-il être déshérité ?
C'est le point névralgique de ce dossier. La relation entre Brigitte Bardot et son fils Nicolas Charrier a été marquée par une distance douloureuse et des mots parfois très durs, l'actrice ayant évoqué dans ses mémoires une grossesse difficilement vécue. Pourtant, en droit français, il est impossible d'exclure totalement un enfant de sa succession.
Le droit de réserve héréditaire de Nicolas-Jacques Charrier s'applique automatiquement. En tant que fils unique, la loi lui garantit 50 % de la masse successorale, comme le rappelle Le Revenu. Si les biens immobiliers ont été donnés à la Fondation, la bataille pourrait se déplacer sur l'évaluation de la fortune restante et des droits d'auteur futurs. Nicolas Charrier dispose donc de leviers légaux pour faire valoir ses droits, ce qui pourrait ouvrir une phase de négociations complexe entre les héritiers du sang et les héritiers du cœur.