Brigitte Bardot : gros doutes sur le sort de ses animaux de "La Garrigue"
Après le décès de Brigitte Bardot le 28 décembre, les regards se tournaient naturellement vers La Madrague, sa demeure mythique en bord de mer. C'est pourtant à quelques kilomètres de là, dans les collines, que se joue actuellement un mélodrame pour les amoureux des animaux. Derrière le portail clos de "La Garrigue", une vaste propriété de 10 hectares achetée en 1979 selon Le Parisien, le sort des derniers compagnons à quatre pattes de la star reste en suspens.
L'inquiétude grandit autour du devenir du refuge. Ce lieu de quiétude pour "BB", abritait ses protégés les plus fragiles, loin des flashs et des curieux. Aujourd'hui, entre silences gênés et décisions administratives, l'avenir de ce sanctuaire semble plus flou que jamais. La Fondation va-t-elle pouvoir le sauver ?
La Garrigue : refuge secret et sanctuaire animalier de Brigitte Bardot
Contrairement à La Madrague, exposée aux regards, La Garrigue était le jardin secret de "BB", son véritable havre de paix dédié à la souffrance animale. C'est ici qu'elle avait choisi d'accueillir les "moches", les "cassés", les bêtes dont personne ne voulait. Jusqu'à son dernier souffle, elle a entretenu un lien viscéral avec ce lieu, s'y rendant presque quotidiennement pour nourrir et soigner ses protégés.
Elle les connaissait tous par leur prénom, formant avec eux une famille recomposée où chaque animal avait sa place : "poules, chiens, chats, chevaux, canards sans oublier Sidonie, sa chèvre préférée, Bonhomme l’âne gris ou Poupée la ponette" écrivent nos confrères. Dès que sa voiture franchissait le portail, ses bêtes "formaient une troupe autour d'elle." C'est dans ce décor sauvage que Brigitte Bardot se sentait le plus elle-même, loin des paillettes qu'elle avait fuies en 1973. Pourtant, ce tableau idyllique s'est fissuré quelques semaines avant sa disparition.
Des transferts pendant l'hospitalisation de Brigitte Bardot
Le malaise est palpable depuis la fin du mois de novembre. Alors que l'icône luttait contre la maladie, un mouvement inhabituel a été observé autour de la propriété. Une polémique sur l'évacuation des animaux de La Garrigue avant la mort de Brigitte Bardot a éclaté lorsque leur nombre a été drastiquement réduit. Il ne resterait aujourd'hui sur place que "9 moutons, 4 cochons vietnamiens, 4 chiens et une quinzaine de chats", une fraction de la population habituelle du refuge, 60 bêtes il y a peu, révèle le gardien des lieux.
Le gardien de La Garrigue pointé du doigt
En effet, la Fondation a justifié ces mouvements brusques par une situation d'urgence. Selon un communiqué officiel, les raisons du transfert des animaux de Brigitte Bardot par la fondation seraient liées à une "défaillance du gardien de la Garrigue, constatée par des vétérinaires". Cette décision a mis le feu aux poudres, jetant une ombre sur la gestion des derniers instants de la star au milieu de ses bêtes.
Au centre de cette tourmente se trouve l'ancien berger recruté par la star elle-même. Le rôle d'Éric Gousset, gardien de La Garrigue à Saint-Tropez, dépasse celui d'un simple employé ; il était le confident des lieux, celui que Bardot qualifiait affectueusement sur sa carte de visite de "berger d'une étoile qui se cache à Saint-Tropez". Aujourd'hui, cet homme de confiance s'inquiète ouvertement de voir le domaine se vider de son âme, craignant que la disparition de sa patronne ne signe l'arrêt de mort du refuge tel qu'elle l'avait conçu.
L'envoyé spécial du journal a recueilli les propos de l'homme de 55 ans : "Elle arrivait vers 12h30, emmenée par le gardien de la Madrague au volant de la Kangoo blanche. Elle repartait vers 17-18 heures. À la Garrigue, elle se ressourçait. Je me suis régalé avec elle, on s’est très bien entendus. Elle était toujours respectueuse, toujours polie." Il poursuit :" Vu comme c’est parti, il ne va plus rien rester à la Garrigue alors qu’il y a le potentiel ici pour en accueillir", déplore-t-il, précisant que "Brigitte voulait mourir au milieu de ses animaux."
Une déclaration qui laisse planer le doute
Face aux rumeurs de vente ou de fermeture définitive, la communication officielle se veut prudente, voire évasive. Interrogé par Le Parisien, Bruno Jacquelin, directeur de la presse de l'organisation, a botté en touche. Sa réponse est sans appel : "C'est franchement prématuré, rien n'est décidé". Cette déclaration laisse planer le doute et ouvre la porte ouverte à toutes les hypothèses, y compris celle d'une cession du domaine, dont la Fondation "n'est pas propriétaire."
Si la pérennité de la Fondation elle-même ne fait aucun doute - "BB" ayant tout prévu pour que son combat lui survive avec des moyens colossaux - le sort de la pierre est différent. L'avenir des propriétés de Brigitte Bardot, La Madrague et La Garrigue, pourrait diverger. Si la première a vocation à devenir un musée, la seconde, trop isolée et coûteuse en entretien sans la présence de sa propriétaire, pourrait ne pas survivre à celle qui l'a habitée.