Vichy rose, "Comic Strip" et "La Madrague" : quand l'icône BB dicte son style pour son dernier salut

Publié par Olivier Royer
le 29/01/2026
Brigitte Bardot
Autre
Un mois après sa disparition, la cérémonie hommage à Brigitte Bardot à l'église Saint-Roch a été orchestrée comme un spectacle symbolique, mêlant cheval, musique pop et vichy rose pour saluer la liberté de l'icône.

C'est une scène qui restera sans doute gravée dans les mémoires des quelque 700 anonymes et personnalités réunies sous la voûte de l'église Saint-Roch. L'irruption, en pleine messe, d'un majestueux cheval noir de race frison a figé l'assistance. Cet événement, aussi inattendu que symbolique, a marqué le point d'orgue d'un hommage orchestré par l'Aumônerie nationale des artistes pour célébrer Brigitte Bardot, honorant la femme libre autant que l'icône populaire.

Le cheval frison et « Comic Strip » : le spectacle de la liberté

Le silence religieux a été rompu par une audace scénographique rare. Un cheval noir a pénétré dans la nef, avançant jusqu'à l'autel, alors que résonnaient les premières notes de Comic Strip, le duo iconique et insolent de la star avec Serge Gainsbourg. Ce hommage à Brigitte Bardot avec un cheval dans l'église Saint-Roch n'était pas un simple effet de style : le destrier portait une bannière de procession en vichy rose, associant le motif emblématique de BB à son combat acharné pour la cause animale.

La chanteuse Jeane Manson, présente pour l'occasion, a salué la mémoire d'une personnalité hors du commun. Elle a évoqué « une âme libre et singulière reliée à la nature et au vivant, attirant les animaux, les fragiles et sans-voix, comme dans un pays de fées », selon ses déclarations rapportées par l'AFP. Cette séquence, où la signification du cheval dans l'hommage à Brigitte Bardot et aux animaux prenait tout son sens, a été saluée par plusieurs salves d'applaudissements, une tradition tolérée lors des messes d'artistes.

Le vichy rose : de la robe de mariée au dress code imposé

Pour cet adieu parisien, l'assemblée s'était parée d'une touche de couleur inhabituelle. Les fidèles avaient été conviés à arborer du vichy rose, transformant l'église en une mosaïque pastel. Ce choix n'avait rien d'anodin : il renvoie directement au mariage de l'actrice avec Jacques Charrier en 1959. À l'époque, sa robe de mariée créée par Jacques Esterel avait propulsé ce tissu, jusque-là modeste, au rang de symbole mondial.

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Si beaucoup se demandaient pourquoi le vichy rose était le dress code imposé pour l'hommage, la réponse résidait dans la volonté de créer un fil conducteur visuel. L'intention était de façonner une cérémonie à la fois populaire et glamour, fidèle à l'esthétique révolutionnaire que Brigitte Bardot a imposée dès les années soixante.

De la polémique à « La Madrague » : les confidences sur la femme simple

L'émotion a pris une tournure plus solennelle lorsque le père Laurent Chauvin, aumônier des artistes, a pris la parole. Dans un geste fort, il a tenu à présenter les excuses de l'Église pour la polémique de Brigitte Bardot en 1958. À l'époque, le Vatican avait utilisé une photo de la star pour illustrer la luxure lors de l'exposition universelle de Bruxelles. L'homme d'Église a rendu hommage « à la belle personne qu'était Brigitte Bardot » dont le statut est désormais un « patrimoine immatériel ».

Loin des polémiques passées, c'est l'humain qui a prévalu dans les témoignages. Michel Drucker, venu se recueillir aux côtés d'Hugues Aufray, a livré une citation de Michel Drucker sur Brigitte Bardot profondément simple et touchante : « Brigitte était une amie depuis les années 1960. C'était quelqu'un de profondément simple, profondément gentil, d'une modestie, d'une grande générosité. Tout sauf une star », a-t-il confié à l'AFP. Pour clore cette cérémonie singulière, la chanson La Madrague chantée en chœur à la fin de la messe par l'assistance a offert un dernier moment de communion, ramenant l'esprit de l'icône vers son refuge éternel de Saint-Tropez.

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