Catherine Jacob en deuil : "Je la pleure tous les jours", ses confidences bouleversantes sur Élisabeth Rappeneau

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 04/02/2026
Catherine JACOB
abacapress
Invitée sur le plateau de C à vous, Catherine Jacob a livré un témoignage poignant sur sa douleur intacte, six ans après la disparition de la réalisatrice Élisabeth Rappeneau.

Les plateaux de télévision réservent parfois des instants de vérité nue, loin de la promotion habituelle. Ce fut le cas récemment sur France 5, lorsque l'actrice emblématique de La vie est un long fleuve tranquille a pris la parole. Interrogée sur sa carrière, elle a bifurqué pour évoquer une blessure encore vive : la perte d'une amie chère et d'une mentor professionnelle, disparue il y a six ans, laissant un vide immense dans le paysage audiovisuel français.

Un cri d'amour six ans après : le deuil persistant de Catherine Jacob

Tout a basculé au détour d'une phrase. Alors que l'ambiance était à la discussion culturelle, Catherine Jacob a tenu à interrompre le fil pour adresser un message personnel à celle qui hante encore ses pensées. 

Avec une émotion palpable, elle a lâché ces mots terribles qui témoignent de l'intensité du deuil de Catherine Jacob après la mort d'Élisabeth Rappeneau : "Je la pleure tous les jours et je l'aime", a-t-elle confié aux équipes d'Anne-Elisabeth Lemoine.

Ce n'était pas seulement une collègue, c'était "Babou". Ce surnom affectif, utilisé par l'actrice sur le plateau, révèle la profondeur de leur lien. Elle a ressenti l'impérieuse nécessité de partager ce chagrin publiquement : "Je voulais envoyer un grand cri d'amour à Babou Rappeneau, Elisabeth Rappeneau, qui nous a quittés", a-t-elle ajouté, visiblement émue lors de l'émission C à vous.

La "méthode Babou" : une direction d'acteurs unique

Plus que l'amitié, c'est une vision du métier qui a disparu avec elle. L'actrice a détaillé la méthode de travail unique de la réalisatrice Élisabeth Rappeneau, une approche qu'elle assure n'avoir "jamais revu chez quiconque ensuite". Loin des clichés du réalisateur tyrannique aboyant ses ordres, "Babou" privilégiait une douceur presque théâtrale.

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Sur le plateau, le silence remplaçait les cris. "Elle ne disait pas 'moteur', elle ne hurlait pas 'moteur' non plus. Elle était toujours un peu flippée : 'Quand vous voulez'", s'est remémorée la comédienne. Cette absence de pression permettait une liberté totale. À la fin des prises, la validation se faisait tout aussi subtilement : "Et à la fin d'une scène, elle attendait : 'ça vous ira'". Une marque de respect immense pour l'interprète.

Rappeneau-Jacob : une collaboration fructueuse en télévision

Ce témoignage émouvant de Catherine Jacob dans C à vous prend racine dans une histoire professionnelle riche. Les deux femmes formaient un véritable binôme de la télévision d'auteur.

Elles ont enchaîné les tournages, mais c'est sans doute l'adaptation de Maupassant, La Maison Tellier (2008), qui reste leur chef-d'œuvre commun.

Dans le rôle d'Odile Tellier, Catherine Jacob avait brillé sous la direction de son amie. Le succès fut retentissant : le téléfilm avait rassemblé près de 7 millions de téléspectateurs, battant même ce soir-là une demi-finale de Ligue des Champions. 

D'autres collaborations entre Catherine Jacob et Élisabeth Rappeneau à la télévision, comme Gérald K Gérald ou Je vous présente ma femme, ont scellé cette fidélité artistique rare.

Élisabeth Rappeneau, de l'ombre à la lumière

Disparue en janvier 2020 à l'âge de 80 ans, Élisabeth Rappeneau était une figure de l'ombre devenue incontournable. Avant de passer derrière la caméra, elle avait été la scripte de légendes comme Louis Malle, veillant à la continuité des chefs-d'œuvre du cinéma français.

Le talent coulait dans ses veines : le lien de parenté entre Élisabeth Rappeneau et Jean-Paul Rappeneau est notable, puisqu'elle était la sœur du célèbre réalisateur de Cyrano de Bergerac, avec qui elle avait coécrit Le Sauvage

En laissant son empreinte sur la fiction télévisée de qualité, elle a gagné le respect éternel de ceux qu'elle a dirigés, comme le prouve ce "Je la pleure tous les jours", véritable Catherine Jacob verbatim de la douleur, qui résonne encore.

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