Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau officialise sa candidature et lance la bataille à droite
Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a mis fin au suspense ce jeudi 12 février en officialisant sa candidature à l'élection présidentielle de 2027.
C'est la fin du faux suspense qui agitait la droite républicaine depuis plusieurs mois. En choisissant de se déclarer officiellement ce 12 février 2026, l'ancien ministre de l'Intérieur coupe l'herbe sous le pied de ses rivaux internes et impose son tempo. Cette accélération du calendrier vise à installer durablement ses thématiques de campagne avant les échéances électorales locales.
Le franchissement du Rubicon : l'officialisation d'une candidature attendue
L'annonce survenue ce jeudi marque l'aboutissement d'une longue stratégie de maturation politique pour le sénateur de Vendée. Comme le soulignaient récemment Le Parisien et La Tribune, ce timing n'a rien d'anodin : il intervient juste avant les élections municipales de mars, permettant au candidat de battre la campagne avec une légitimité présidentielle affichée.
Cette candidature s'appuie sur une stature nouvelle, forguée lors de son passage au ministère de l'Intérieur entre 2024 et 2025. Sa démission retentissante du gouvernement en octobre 2025 avait déjà envoyé un signal fort. Selon Public Sénat, son ambition est désormais dénuée d'ambiguïté : il s'agit de "tout faire pour faire gagner la droite en 2027", en capitalisant sur l'image d'ordre et de fermeté acquise Place Beauvau.
Les quatre piliers d'un projet de rupture pour 2027
Sur le plan économique, Bruno Retailleau avance des propositions radicales qui touchent directement le portefeuille des Français. La mesure phare concerne le "seuil zéro charge". Ce mécanisme vise à aligner le salaire net sur le salaire brut jusqu'à un certain niveau de revenus, dans le but d'augmenter immédiatement le pouvoir d'achat et d'inciter au travail. En parallèle, il brise un totem social en prônant l'introduction d'une part de retraite par capitalisation, rompant avec le dogme de la répartition intégrale pour offrir de meilleurs rendements aux futurs pensionnés.
Le volet des finances publiques cible directement le train de vie de l'État. Le candidat LR propose la non-compensation des départs à la retraite des fonctionnaires de l'administration centrale, en ciblant spécifiquement les ministères non régaliens. Enfin, sur le plan sociétal et budgétaire, il entend s'attaquer à ce qu'il nomme le "tabou" du coût de l'immigration, promettant d'en évaluer l'impact financier réel pour réduire drastiquement ces dépenses.
Conséquences immédiates et enjeux pour la droite
Cette officialisation relance inévitablement la compétition interne au sein des Républicains, ravivant le spectre de la "guerre des chefs". Laurent Wauquiez, autre prétendant sérieux, voit son espace se réduire face à un président de parti qui avait su rassembler 74,3% des voix des militants en mai 2025. Pour ses concurrents, le défi sera de ne pas laisser Retailleau incarner seul la ligne de "rupture" face au macronisme.
Pour les électeurs, ces propositions dessinent des choix clairs mais complexes. Si le "seuil zéro charge" promet un gain immédiat sur la fiche de paie pour les salariés, la bascule vers la capitalisation demandera aux épargnants une vigilance accrue sur la gestion de leurs fonds de pension. La maîtrise des dépenses publiques et la politique migratoire s'annoncent d'ores et déjà comme les thèmes centraux sur lesquels la droite jouera sa crédibilité pour l'élection à venir.