Procès du RN : même sans exécution provisoire, Marine Le Pen se dit « empêchée » pour 2027

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 04/02/2026
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Malgré l’absence d’exécution provisoire dans les réquisitions du Parquet, Marine Le Pen estime que si la cour d’appel les suit, elle ne pourra pas se présenter en 2027. En cause : un calendrier judiciaire incompatible avec une campagne présidentielle crédible.

Le procès en appel de l’affaire des assistants parlementaires européens marque un tournant majeur pour l’avenir politique de Marine Le Pen

Ce mardi 3 février 2026, le Parquet général a requis une peine particulièrement lourde contre la figure centrale du Rassemblement national : cinq ans d’inéligibilité, assortis de quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis, un an ferme aménageable sous bracelet électronique, ainsi qu’une amende de 100 000 euros. 

Une sanction qui, si elle était suivie par la cour d’appel, pèserait lourdement sur la perspective de l’élection présidentielle de 2027.

À première vue, un élément juridique a toutefois retenu l’attention : le Parquet général n’a pas demandé que la peine d’inéligibilité soit assortie de l’exécution provisoire. Un détail technique mais fondamental, car il conditionne l’application immédiate ou non de la sanction. Pourtant, contrairement à ce que pourrait laisser penser cette absence d’exécution immédiate, Marine Le Pen estime que sa candidature serait malgré tout compromise.

Des réquisitions sévères dans un dossier emblématique

L’affaire des assistants parlementaires européens est l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles ayant touché le RN. La justice reproche au parti d’avoir mis en place un « système » visant à rémunérer, avec des fonds du Parlement européen, des collaborateurs travaillant en réalité pour le parti en France. Le préjudice global avait été évalué à plusieurs millions d’euros lors de la première instance.

En mars 2025, le tribunal correctionnel avait déjà condamné Marine Le Pen à une peine comprenant deux ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité. En appel, le Parquet a légèrement allégé la partie carcérale, tout en maintenant une sanction maximale sur le terrain politique. Pour l’accusation, l’inéligibilité demeure la peine la plus pertinente au regard de la gravité des faits reprochés.

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L’avocat général a toutefois pris soin de préciser qu’il ne demandait pas l’exécution provisoire de cette peine complémentaire. Une position loin d’être anodine, tant cette question est devenue centrale dans le débat public autour de l’avenir politique de Marine Le Pen.

Une absence d’exécution provisoire aux effets limités

Sur le plan strictement juridique, l’absence d’exécution provisoire signifie qu’une éventuelle condamnation en appel ne s’appliquerait pas immédiatement. En clair, tant que toutes les voies de recours ne sont pas épuisées, la peine d’inéligibilité resterait suspendue. En cas de pourvoi devant la Cour de cassation, celui-ci aurait un effet suspensif, permettant à la dirigeante du RN de conserver, temporairement, ses droits civiques.

C’est sur ce point que certains observateurs ont vu une possible « fenêtre » pour 2027. En théorie, Marine Le Pen pourrait déposer sa candidature tant qu’aucune condamnation définitive n’est prononcée. Mais cette lecture juridique se heurte à une réalité politique bien différente.

La principale intéressée a elle-même fermé la porte à ce scénario. Selon plusieurs déclarations rapportées par la presse, elle n’entend pas attendre un éventuel arrêt de la Cour de cassation pour décider de son avenir. Une position qui change profondément la portée du débat.

« Empêchée » : le choix politique de Marine Le Pen

Marine Le Pen l’a affirmé clairement : si la cour d’appel suit les réquisitions du Parquet, elle se considérera comme « empêchée » de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Et ce, même en l’absence d’exécution provisoire. À ses yeux, mener une campagne présidentielle avec une condamnation aussi lourde en suspens relèverait de l’impossible.

L’argument avancé est avant tout celui du calendrier. La décision de la cour d’appel de Paris est attendue avant l’été 2026. En cas de condamnation, un pourvoi en cassation pourrait repousser la décision définitive à la fin de l’année 2026, voire au début de 2027. 

Un laps de temps jugé incompatible avec la construction d’une campagne présidentielle crédible, structurée et mobilisatrice.

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Cette position tranche avec une approche purement juridique, mais elle s’inscrit dans une logique politique assumée : ne pas laisser planer une incertitude durable sur le mouvement et éviter une campagne parasitée par le judiciaire.

Le RN face à une équation stratégique majeure

Au-delà du sort personnel de Marine Le Pen, c’est toute la stratégie du RN qui se trouve désormais suspendue à la décision de la cour d’appel. La dirigeante du parti a indiqué qu’elle trancherait rapidement après le rendu de l’arrêt, afin de ne pas maintenir ses électeurs et ses cadres dans l’expectative.

Pour les sympathisants du RN, l’inquiétude est réelle. L’absence d’exécution provisoire, souvent présentée comme un élément rassurant, ne constitue en réalité qu’un répit théorique. La menace qui pèse sur 2027 n’est pas seulement judiciaire : elle est politique, organisationnelle et temporelle.

En définitive, si les réquisitions sont suivies, ce ne sera pas tant le droit que le temps qui décidera de l’issue. Et malgré un cadre juridique encore ouvert, Marine Le Pen a d’ores et déjà fait savoir qu’elle ne s’engagerait pas dans une course présidentielle qu’elle jugerait faussée dès le départ.certitude prolongée.

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