Patrick Balkany retourne déjà devant la justice

Publié par Matthieu Chauvin
le 20/01/2026
Patrick Balkany
AFP
L'ancien maire de Levallois-Perret est convoqué le 20 février 2026 devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour répondre de deux dossiers de détournement de fonds publics impliquant des chauffeurs et un emploi présumé fictif. La spirale juridique est décidément sans fin pour Patrick Balkany.

Les ennuis judiciaires ne sont pas terminés pour l'ancien baron des Hauts-de-Seine. Alors qu'il bénéficie d'une liberté conditionnelle après ses condamnations pour fraude fiscale et blanchiment, Patrick Balkany est rattrapé par sa gestion passée de la ville de Levallois-Perret. Ce nouveau rendez-vous devant un tribunal correctionnel, désormais fixé, va examiner des faits remontant à la période 2010-2015, révèle Le Parisien. Contrairement aux précédents dossiers qui touchaient à son patrimoine personnel, ces accusations portent directement sur l'utilisation des ressources de la commune et de l'argent du contribuable.

Une audience fixée au 20 février 2026

Patrick Balkany devra s'expliquer le 20 février 2026 devant le tribunal de Nanterre. Il est renvoyé pour des soupçons de "détournement de fonds publics", des faits distincts de ceux pour lesquels il a déjà été condamné. Ses avocats, maîtres Robin Binsard et Romain Dieudonné, ont d'ores et déjà annoncé vouloir "contester fermement ces accusations infondées et calomnieuses", déplorant par ailleurs le retard pris par le parquet dans le traitement de ces affaires.

Cette audience intervient dans un contexte particulier. L'élu est toujours sous le coup d'une libération conditionnelle, une mesure que le parquet a récemment contestée en appel. Ce nouveau procès sera donc crucial pour son avenir judiciaire, alors qu'il tente de tourner la page de ses incarcérations passées.

L'usage privé de la police municipale

Le premier volet de l'accusation concerne l'utilisation des moyens de la ville à des fins personnelles. La justice soupçonne l'ancien maire d'avoir transformé des agents de la police municipale en chauffeurs privés pour ses déplacements et ceux de ses proches. L'enquête, déclenchée suite à un signalement de personnels municipaux, pointe notamment des voyages lors de vacances aux Antilles.

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À l'époque, Patrick Balkany s'était défendu sur les réseaux sociaux en assurant avoir invité un agent "sur ses deniers personnels" dans une maison louée à Saint-Martin. C'est ce mélange des genres qui est au cœur des soupçons. Selon les enquêteurs, ces agents auraient été utilisés en dehors de tout cadre légal administratif pour servir les intérêts privés de l'édile.

300 000 euros de salaires contestés

Le second dossier, potentiellement plus lourd financièrement, porte sur un emploi présumé fictif. Il est reproché à l'ancien maire d'avoir maintenu la rémunération de son ancien directeur du développement économique bien après le départ à la retraite de ce dernier en 2012. Le montant du détournement de fonds publics reproché à Patrick Balkany dans ce volet est significatif : la justice estime que l'ex-directeur aurait perçu indûment environ 300 000 euros.

Renaud Guillot-Corail, l'employé fantôme, est un proche collaborateur qui aurait continué à bénéficier des largesses de la municipalité sans contrepartie réelle de travail, ce qui constitue le cœur de l'accusation portée par le parquet de Nanterre via une citation directe.

Les conséquences des nouvelles poursuites

Ces nouvelles affaires, bien que connues, maintiennent la figure de l'ancien maire au cœur de l'actualité judiciaire, même après la fin de son mandat et son inéligibilité. Si la fraude fiscale concernait ses impôts, le détournement de fonds publics touche à la probité de sa gestion municipale. Les conséquences des nouvelles poursuites contre Patrick Balkany pourraient aboutir à de nouvelles sanctions pénales, s'ajoutant à un casier judiciaire déjà chargé.

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