Sonia Mabrouk vs CNews : quand sa démission devient une affaire d’État saluée par Emmanuel Macron
Le monde des médias a tremblé ce 6 février 2026. Figure emblématique de la chaîne d'information en continu et de la station Europe 1, Sonia Mabrouk a officialisé son départ de CNews avec effet immédiat. Ce qui s'apparente à un séisme dans le PAF trouve sa source dans une fracture éthique irréconciliable concernant le maintien à l'antenne de Jean-Marc Morandini. L'affaire, loin de se cantonner aux couloirs de la chaîne, a fini par faire réagir jusqu'au sommet de l'État.
Une condamnation définitive ignorée par la direction
Le point de non-retour a été atteint le 14 janvier 2026. Ce jour-là, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Jean-Marc Morandini, rendant sa condamnation pour corruption de mineurs définitive. La justice a confirmé une peine de deux ans de prison avec sursis, assortie de 20 000 euros d'amende et d'une interdiction d'exercer toute activité au contact de mineurs.
Face à ce verdict, la direction de CNews a opté pour une stratégie de résistance. Selon plusieurs sources internes, Serge Nedjar, directeur général de la chaîne, aurait affirmé que l'animateur resterait à l'antenne « coûte que coûte », invitant même ceux qui désapprouveraient cette ligne à « quitter la chaîne ». Une posture intransigeante qui a mis le feu aux poudres.
Le choix éthique et la rupture brutale
Sonia Mabrouk a été la première à briser l'omerta. Dès le 20 janvier, interpellée par un député sur cette situation, la journaliste avait laissé entrevoir son profond malaise. « J'avoue que je n'en dors pas depuis plusieurs jours », confiait-elle alors, refusant de cautionner la décision de ses supérieurs par son silence.
La rupture a été actée par un communiqué transmis à l'AFP. La journaliste y évoque une « altération certaine et effective de [s]a relation avec une partie de la direction de CNews ». Elle justifie ce départ précipité par une phrase lourde de sens : « Ma boussole restera la préservation de l'intérêt des victimes ». La séparation est totale et immédiate, Sonia Mabrouk précisant avoir été « dispensée du préavis d'un mois sur cette même antenne ».
L'ombre de l'Élysée : un soutien présidentiel discret
L'affaire a pris une dimension politique inattendue le 8 février. D'après les informations révélées par Le Figaro, Sonia Mabrouk a reçu un message personnel d'Emmanuel Macron. Si le contenu exact de ce SMS n'a pas été rendu public, le quotidien assure que le chef de l'État tenait à saluer la « posture morale » et la « décision courageuse » de la journaliste.
Cette intervention sort du cadre habituel de la réserve présidentielle. En soutenant celle qui claque la porte au nom de l'éthique, l'Élysée marque une distance nette avec la gestion de crise opérée par la direction de CNews et le groupe Bolloré. Ce geste ancre définitivement ce départ dans un débat national sur l'exemplarité des personnalités publiques.
Un avenir en pointillé entre Europe 1 et concurrence
Malgré ce coup d'éclat télévisuel, le paradoxe demeure : Sonia Mabrouk conserve, pour l'heure, son siège sur Europe 1, une autre entité du groupe Bolloré. Sur le réseau social X, elle a confirmé le maintien de sa « Grande interview » matinale, bien que la question de sa codiffusion télévisée ne se pose plus.
Ce maintien fragile intervient alors que la classe politique réclame davantage de « responsabilité » médiatique. Cette démission retentissante a également révélé des fractures au sein du groupe, où d'autres journalistes de Canal+ et Lagardère exprimeraient leur désarroi en privé. Désormais libre de tout engagement télévisuel, la star de l'info fait l'objet de toutes les convoitises : des rumeurs insistantes évoquent déjà des propositions de la part de chaînes concurrentes, notamment BFMTV.
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