« MaPrimeRénov va rouvrir » : le ministre Jeanbrun confirme son retour après le vote du budget

Publié par Suruthi Srikumar
le 05/02/2026
« MaPrimeRénov va rouvrir » : le ministre Jeanbrun confirme son retour après le vote du budget
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MaPrimeRénov’ va rouvrir après sa suspension en janvier, due à l’absence de loi de finances. Le dispositif offrira à tous les ménages la possibilité de bénéficier d’aides pour financer leurs travaux de rénovation énergétique.

Bloqué depuis le début de l'année en l'absence de loi de finances, le dispositif phare de l'aide à la rénovation énergétique va reprendre du service

Une annonce officielle attendue

L'attente touche à sa fin pour les milliers de propriétaires désireux d'engager des travaux de performance énergétique. Invité ce jeudi 5 février au micro de CNews et Europe 1, le ministre Vincent Jeanbrun a officialisé le déblocage tant attendu de la situation. Il a rappelé la règle administrative qui prévalait jusqu'ici : l'impossibilité légale d'activer les lignes de crédit sans loi de finances validée.

Le ministre a tenu à rassurer les Français avec une déclaration sans équivoque : « J’avais dit très clairement que s’il n’y avait pas de budget, il n’y avait pas de guichet […]. Eh bien la bonne nouvelle, c’est que ça y est, il y a un budget, donc dès la promulgation de la loi, ce qui va arriver dans quelques jours, réouverture complète de MaPrimeRénov’ ».

Le dispositif avait en effet subi un sévère coup de frein : d'abord restreint aux seuls ménages les plus modestes en septembre dernier, il avait été totalement suspendu au mois de janvier. L'engagement du gouvernement est désormais tenu : le guichet rouvrira pour tous les profils de revenus dès l'adoption définitive du budget 2026.

Des règles budgétaires ajustées

Pour soutenir cette ambition, l'État maintient son effort financier à hauteur de l'exercice précédent. Une enveloppe globale de 3,6 milliards d’euros est ainsi fléchée pour l'année 2026. Cette stabilité budgétaire apparente s'accompagne d'une nouvelle ingénierie financière : le coût réel pour l'État devrait être allégé par un recours plus massif aux certificats d'économie d'énergie (CEE), ce dispositif qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des actions d'efficacité énergétique.

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L'exécutif a cependant revu sa copie concernant le fléchage des fonds. La priorité absolue est donnée aux rénovations dites « globales », celles qui permettent un gain énergétique substantiel en combinant au moins deux types de travaux. Si le financement des « gestes isolés », comme le simple remplacement de fenêtres ou d'une chaudière, est maintenu, le catalogue des prestations éligibles se réduit. Désormais, les chaudières biomasse et l'isolation des murs réalisée seule sont exclues du dispositif d'aide.

Un risque de saturation immédiat

La mécanique de distribution des aides risque de se gripper dès le redémarrage. L'Agence nationale de l'habitat (Anah) affiche pourtant une feuille de route volontariste pour 2026. L'agence publique ambitionne de financer 150 000 chantiers de travaux isolés et surtout 120 000 rénovations globales, dont 68 000 ciblées sur les copropriétés et 52 000 sur l'habitat individuel.

Cependant, les guichets sont déjà virtuellement saturés avant même leur réouverture. Selon les données disponibles, un volume impressionnant de 83 000 dossiers, initiés courant 2025, demeure en attente de validation administrative. Ce « stock » de demandes non traitées vient de facto amputer les capacités de l'Anah à absorber les nouveaux projets de 2026.

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