Compte courant : combien faut-il vraiment laisser sur son compte ?

Publié par Sarah Martin
le 17/02/2026
Compte courant : combien faut-il vraiment laisser sur son compte ?
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Beaucoup de Français conservent des sommes trop importantes sur leur compte courant, où l’argent ne génère quasiment aucun rendement. À l’inverse, un solde insuffisant peut rapidement conduire au découvert. Entre prudence et optimisation, voici le montant « idéal » pour couvrir vos dépenses sans laisser inutilement dormir votre épargne.

Laisser son argent sur un compte courant semble être la solution de facilité pour de nombreux Français. Pourtant, cette habitude comporte des coûts cachés et des risques souvent méconnus. Entre l'absence de rémunération et les plafonds de garantie bancaire, il devient nécessaire d'analyser la répartition de ses avoirs financiers.

Une moyenne en trompe-l'œil

Les données financières révèlent une somme surprenante qui dort sur les comptes des particuliers. D'après le rapport de juillet 2025 de la Banque de France, l'encours moyen d'un compte courant, techniquement appelé "dépôt à vue", s'élève à 7 701 euros. Ce type de compte, conçu pour les opérations courantes comme les virements ou les retraits, présente la particularité de ne rapporter "quasiment rien", voire de n'être "généralement pas rémunéré".

Cependant, cette moyenne dissimule de grandes disparités. La médiane des dépôts, un indicateur bien "plus représentatif" du quotidien des ménages, se situe en réalité autour de 1 000 euros. Ce décalage statistique s'explique par une concentration des richesses : seuls 12% des dépôts à vue affichent un solde supérieur à 10 000 euros. Ce sont ces montants élevés qui tirent artificiellement la moyenne vers le haut, loin de la réalité budgétaire de la majorité des épargnants.

L'inflation et le plafond de garantie des dépôts

Conserver des liquidités excessives expose le titulaire à deux dangers distincts. Le premier est économique : l'argent non placé subit de plein fouet l'érosion monétaire. En restant inactif sur un support non rémunéré, le capital perd progressivement de sa valeur réelle face à l'inflation. Le compte courant doit rester un outil de transaction, et non devenir un refuge d'investissement.

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Le second risque concerne la sécurité bancaire. Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) est formel : il ne faut "surtout pas dépasser 100 000 euros" par client et par établissement. Ce plafond constitue la limite d'indemnisation en cas de faillite de la banque, un scénario certes jugé "peu envisageable" mais théoriquement possible. Tout montant excédant ce seuil ne serait pas couvert.

Face à une rentrée d'argent exceptionnelle, comme un héritage ou une prime, la réactivité prime. Il convient de ventiler ces sommes vers des supports adaptés. Une fois les livrets réglementés (Livret A, LDDS) saturés, l'assurance-vie ou le Plan d'épargne retraite (PER) offrent des alternatives plus pertinentes pour faire fructifier ce capital.

Définir son épargne de disponibilité

Une gestion saine des finances personnelles repose sur la distinction entre deux types de réserves. D'un côté, l'épargne de précaution, qui doit représenter "trois à quatre mois de salaire" pour parer aux coups durs, a sa place sur un support liquide et garanti comme le Livret A. De l'autre, l'épargne de disponibilité sert uniquement à couvrir les dépenses immédiates (loyer, factures, alimentation).

Pour la plupart des Français, maintenir un solde d'environ 1 000 euros sur le compte courant suffit à assurer ce roulement sans risquer le découvert bancaire ni les agios. La méthode recommandée consiste à régler les charges fixes dès la réception du salaire, puis à basculer immédiatement le surplus vers des produits d'épargne.

Certains épargnants adoptent une stratégie encore plus "stricte" ou "dynamique". Ils ne conservent qu'une somme minime, de l'ordre de 200 euros, et effectuent des virements depuis leur livret d'épargne au gré des besoins. Si cette approche maximise les intérêts générés, elle exige une "certaine rigueur" de gestion pour éviter les incidents de paiement.

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