Incendie de Crans-Montana : le long combat de Matthieu et ses proches
C'était une nuit de fête qui a basculé dans l'horreur absolue. Le passage à la nouvelle année au bar Le Constellation, dans la station de Crans-Montana, restera marqué par un bilan effroyable. Alors que l'enquête se poursuit pour déterminer les causes exactes du sinistre, pour les familles des victimes et des blessés, le temps semble s'être arrêté. C'est le cas pour les proches de Matthieu Aubrun, placé en soins intensifs, comme le rapporte France info.
Au-delà du choc initial, c'est une véritable course d'endurance qui commence pour les survivants. Entre angoisse médicale et complexités bureaucratiques, le quotidien de ces familles est bouleversé. Thomas Aubrun, le frère de l'une des victimes grièvement touchées, a accepté de lever le voile sur cette épreuve.
Comment Matthieu lutte-t-il pour sa survie ?
Parmi les 116 blessés recensés lors de ce drame qui a coûté la vie à 40 personnes, Matthieu mène un combat acharné. Grièvement atteint, ce jeune homme souffre de brûlures sur 25% de son corps. Mais les blessures visibles ne sont malheureusement pas les seules préoccupations des médecins. Comme l'explique son frère Thomas au micro de Franceinfo, l'inquiétude majeure se porte sur l'intérieur de l'organisme.
Il précise que son frère doit faire face à des complications pulmonaires suite à l'incendie de Crans-Montana, car l'inhalation des fumées toxiques a provoqué des lésions internes redoutables. "Il a des complications liées à ce qu’on peut observer chez un grand brûlé, notamment au niveau pulmonaire, parce qu’il a inhalé, lors de l’incendie, les fumées", détaille-t-il à nos confrères. L'état de santé de Matthieu Aubrun à Crans-Montana reste donc critique et nécessite une surveillance de chaque instant.
"C’est un épicurien, il est solaire, mon frère"
Face à la gravité des blessures, le corps médical reste d'une prudence absolue. Si une légère amélioration est notée, la bataille est loin d'être gagnée. Dans le témoignage du frère de Matthieu Aubrun sur Franceinfo, on apprend qu'il existe "un gradient positif sur la trajectoire de son état de santé" mais que le verdict est sans appel : "le pronostic vital est toujours engagé".
Pour sa famille, l'espoir réside aussi dans la nature même du patient. Matthieu est décrit par les siens comme un battant doté d'une vitalité hors norme. "C’est un épicurien, il est solaire, mon frère. C’est ça qui lui donne cette force aussi pour se battre aujourd’hui pour sa vie", confie Thomas. Cette énergie est indispensable pour traverser cette épreuve où l'entourage vit "au jour le jour, heure après heure", suspendu aux nouvelles des équipes soignantes et à l'évolution des constantes vitales.
Pourquoi l'administratif ajoute-t-il à la douleur ?
Au-delà de l'angoisse médicale, les proches doivent affronter une réalité matérielle brutale et inattendue. Si l'hommage aux victimes de l'incendie de Crans-Montana, marqué par la présence d'Emmanuel Macron, a été vécu comme une étape "nécessaire" de recueillement, le retour au concret est rude. La gestion administrative d'un accident grave à l'étranger s'avère être un véritable parcours du combattant pour des familles déjà sous le choc.
Thomas Aubrun ne cache pas son épuisement face à la paperasse qui s'accumule. "Je suis qu’au téléphone avec les avocats, les assurances. On cherche encore des documents pour Matthieu pour savoir comment il est couvert", explique-t-il. Il dénonce une "lourdeur administrative" qui pèse sur des proches plongés dans un état de "sidération" et de "tristesse".
Heureusement, un élan de générosité vient éclaircir ce tableau sombre. Le montant de la cagnotte Leetchi pour les victimes de Crans-Montana et leurs familles a atteint près de 33 000 euros, une aide précieuse pour faire face aux dépenses imprévues.