Carburant : ce sans plomb repasse au-dessus des 2 euros le litre
C’est une douche froide pour les millions d’automobilistes français qui espéraient une accalmie après les fêtes. Depuis le 1er janvier, la courbe des prix à la pompe repart à la hausse, prenant de court de nombreux conducteurs au moment de faire le plein. Si la moyenne nationale reste encore sous contrôle, des disparités géographiques et d'enseignes spectaculaires font craindre un retour aux heures sombres de l'inflation énergétique.
Cette augmentation n'est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe de décisions réglementaires entrées en vigueur au tournant de l'année, couplées à un marché pétrolier instable. Comment ne pas subir de plein fouet cette nouvelle hausse sur le portefeuille ?
Un tarif record localisé mais bien réel
La barre psychologique est de nouveau franchie. Si la moyenne nationale du SP95-E10 oscille actuellement entre 1,685 euros et 1,695 euros le litre selon les données de Carbu.com, la réalité est tout autre pour les usagers des grands axes. Dans certaines stations-service, notamment sur autoroute, le prix du SP95-E10 dépasse désormais les 2 euros, atteignant même un pic vertigineux de 2,19 euros/L relevé par plusieurs observateurs.
Ce grand écart tarifaire confirme une tendance lourde : les stations indépendantes et autoroutières appliquent des marges nettement supérieures à celles de la grande distribution. Comme le souligne Capital, cet écart peut atteindre jusqu'à 50 centimes par litre. Bien que nous soyons encore loin de la moyenne nationale historique de juin 2022 (2,066 euros/L), le prix maximum constaté localement agit comme un signal d'alarme pour le pouvoir d'achat, rappelant la volatilité extrême du secteur.
Les obligations écologiques pèsent sur la facture
Contrairement aux fluctuations habituelles liées uniquement au baril de pétrole, cette hausse de début d'année possède une cause structurelle bien française. La principale raison de cette hausse revient aux CEE (Certificats d'Économie d'Énergie). Ce dispositif impose aux vendeurs de carburant de financer des actions de rénovation énergétique ou des bonus écologiques.
Au 1er janvier 2026, les obligations liées aux CEE ont été durcies par les pouvoirs publics. Les distributeurs, contraints d'acheter ces certificats plus chers, répercutent mécaniquement ce coût sur le client final. Selon les estimations relayées par Revue Technique Auto, les conséquences de l'augmentation des CEE sur le prix du carburant se traduisent par un surcoût immédiat de 4 à 6 centimes par litre à la pompe. À cela s'ajoute une tension sur les marchés mondiaux : le cours du baril de Brent a légèrement augmenté ces derniers jours.
Les outils numériques pour alléger la facture
Face à cette inflation, la passivité coûte cher. Il devient impératif d'adopter de nouveaux réflexes avant de se rendre en station. L'utilisation des comparateurs en ligne est la première ligne de défense. Le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr permet de visualiser en temps réel les tarifs pratiqués autour de vous. C'est souvent le seul moyen fiable de savoir où trouver de l'essence moins chère sur autoroute ou, mieux encore, d'identifier la sortie qui vous permettra de rejoindre un supermarché proposant des tarifs bien plus compétitifs.
Pour ceux qui souhaitent faire le plein moins cher de manière durable, la transition vers des carburants alternatifs reste la solution la plus efficace. Le Superéthanol-E85, malgré une légère augmentation, reste imbattable avec un prix moyen tournant autour de 0,765 euros/L. Si votre véhicule est compatible ou éligible à la pose d'un boîtier homologué, l'économie réalisée peut amortir l'investissement en quelques mois seulement, comme le rappellent régulièrement les associations d'automobilistes.